ECHARIF Lotfi: Pensée pour un Moudjahid Très ordinaire
Le 03 fevrier 2002, nous a quitté à jamais le cher et regretté Lotfi
Echarif à l’âge de 78 ans. Natif de Palestine, le moudjahid lotfi a fait partie, avec son épouse Amina du réseau des « Poseurs de bombe », tels que qualifiait la presse coloniale, les moudjahidine de la zone autonome d’Alger durant les années 1956 et 1957. Il était lui-même arrière petit-fils du cheikh Omar
Echarif ( Al Sharif), un des premiers « bandits d’honneur » qui avaient fuit la Kabylie autour des années 1880 après des faits d’armes contre les administrateurs coloniaux ou leurs collaborateurs. Durant la seconde guerre mondiale, l’armée coloniale britannique de Palestine, faisait appel aux jeunes autochtones pour des petits travaux d’entretien mécanique et électrique. Ce fut pour lui une chance, car son amour immodéré pour la mécanique allait faire de lui un véritable maître dans le démontage et la réparation des mécanismes de précision. Rentrée Algérie en 1952, il put retrouver à force de ténacité, et aussi par hasard miraculeux, des amis de son arrière grand-père, ce qui lui permit de reprendre contact avec sa famille de Ait Khelili et de Tizi Bouamane. Mécanicien Mont plaisant, il fut recruté par les moudjahidine de la zone autonome avec pour tache essentielle de mettre au point les mécanismes d’horlogerie des bombes qui allaient exploser dans différents centres et lieux de loisirs des Européens d’Alger. Au moment de son arrestation, en Juillet 1957, il avait déjà fabriqué une cinquantaine d’engin, dont plus de quarante avaient atteint leurs objectifs. Conformément à l’entente qui s’était établie entre les moudjahidine visant à « charger »les célibataires au détriment des pères de famille, sa première condamnation à mort a été commuée en détention perpétuelle qu’il purgea notamment dans les prisons de Serkadji et d’El-Harrach. Parmi les compagnons de cellule figurent outre d’autres dirigeants du réseau, à leur tête Yacef Saadi, maints moudjahiddines Européens ou indigènes communistes, nationalistes et islamistes qui allaient par la suite occuper d’importants fonctions dans l’Algérie indépendante. Libéré fin Mars 1962, il ne s’intéressa plus à l’activité politique se limitant au militarisme de base à la Kasma de Bab El Oued. S’étant initié au pénitencier d’El Harrach à l’enseignement, il se destina à l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie au CEG Condorcet puis aux lycées Hamia de Kouba et Okba de bab El Oued. Ses parents et amis gardent de lui une image d’un homme dont les qualités essentielles étaient la simplicité et le refus de toute compromission. ILS gardent également de lui le souvenir d’un artisan autodidacte auprès duquel aucune machine ne gardait longtemps ses secrets. Que Dieu ait son âme
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