jeudi 5 mars 2020

Mehdi Benaissa, producteur et consultant médias : les chaines de télévision privées "sont étrangères et perçoivent illégalement de la publicité"

Le désordre créé par les chaines de télévision privées "offshore" est le thème abordé, ce jeudi matin, par l’émission L’Invité de la rédaction de la radio chaine 3, qui a reçu à l’occasion Mehdi Benaissa, producteur et consultant médias. "Nous sommes dans une situation pire que celle d’avant 2011, l’année de naissance de ces chaines, et de leurs mauvaises pratiques, des habitudes qu’elles ont générés et des flux monétaires et des marchés qu’elles ont constitués », a estimé d’emblée M. Benaissa. Il ajoute : "ces chaines de télévision sont étrangères, mais elles sont autorisées à percevoir la publicité de façon tout à fait illégale". Pour L’Invité de la rédaction de la chaine 3, l’une des plus grandes victimes de ce "grand n’importe quoi", c’est le "service public" et la "télévision publique". L’ENTV, dira-t-il, est pour l’instant la seule chaine légale. Dès lors, comment mettre de l’ordre dans ce désordre ? M. Benaissa préconise de mettre un terme au vide juridique et constituer un "terreau législative" puissant et fort, qui doit refléter, selon lui, la vision que la société attend de ces télévisions. "C’est cette connexion qui doit se faire et qui n’est pas encore opéré", note-t-il. Faut-il revoir le code de l’information ? M. Benaissa estime qu’il faut d’abord commencer par revoir le fonctionnement actuel des télévisions. Ce n’est qu’"une fois qu’on aura fait ce premier travail qui est de constituer les lois sur lesquelles tout le monde sera d’accord : les autorités, la société civile et la profession", que l’ARAV (l’autorité de régulation du secteur audiovisuel) pourra faire son travail de gendarme, car argumente-t-il, "il n’y a pas de gendarme sans un code de la route".  Donc, pour mettre un terme à ce "grand n’importe quoi", M. Benaissa suggère de mettre en place rapidement un "cahier des charges", pour instaurer de "nouvelles règles". "Ça sera le point zéro de l’ouverture audiovisuelle et médiatique de ce pays, ce qui aurait dû être depuis 2011", conclu-t-il.


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