mardi 4 février 2020

La professeure d’oncologie, Asmaa Kerboua : faute de coordination, le Plan anti-cancer n’a pas répondu aux résultats qui en étaient escomptés

Pour la première fois, en Algérie, avait été institué un premier Plan de lutte anti-cancer, couvrant une période s’étalant de 2015 à 2019. Celui-ci a cependant eu à connaitre quelques lacunes, dont celle d’une indisponibilité de traitements, entre 2012 et 2014. S’exprimant, mardi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, la professeure Asmaa Kerboua observe que si ce plan n’a pas donné lieu aux résultats qui en étaient attendus, c’est en raison de l'absence d’une bonne coordination entre les divers secteurs de la santé.   La cheffe d’une unité d’oncologie du Centre Pierre et Marie Curie à Alger, fait également état de prescriptions mal exécutées et d’une « mauvaise » cohésion entre des praticiens, tout comme entre les unités de soins. L’intervenante n’en constate pas moins que certains aspects positifs de ce plan ont commencé à se manifester, à l’exemple, dit-elle, de l’organisation de réunions de coordination pluridisciplinaires, lors desquelles sont discutées, de manière collégiale, les thérapies à appliquer à chaque patient, en particulier, compte tenu de son état de santé. Celle praticienne tient à alerter du déficit de moyens financiers dont souffre la spécialité d’oncologie, dont elle signale qu’il n’est pas du seul ressort du ministère de la Santé mais aussi de celui du Travail et de la Sécurité sociale, qu’elle invite à « jouer le jeu » ce qui, souligne-t-elle, « n’est actuellement pas le cas ». A propos de cette dernière, la professeure Kerboua relève que les remboursements qu’elle effectue au bénéfice des malades du cancer traités exclusivement dans les hôpitaux de l'Etat, « ne se font pas aux taux réels », 80% des analyses et imageries médicales étant, révèle-t-elle, réalisées par des cabinets privés. Celle-ci note également, qu’en raison d’une absence de coordination entre les thérapeutes des 22 centres anti-cancer établis en divers endroits du pays, les malades, qu’ils soient issus de Djanet, Tamanrasset ou Alger, ne bénéficient pas de la même prise en charge de leur état. A propos de ces centres, elle constate, en outre, que leurs équipements « n’est pas toujours fonctionnel », et que de plus, ils sont confrontés à un sérieux manque de manipulateurs des appareils de radiothérapie, mais également d’infirmiers. Commentant les traitements dispensés aux enfants cancéreux, si elle fait mention d’un projet, toujours en attente, de création d’un centre qui leur est spécialement réservé, l’invitée remarque que le CPMC d’Alger est le seul, à ce jour, à leur prodiguer des soins. Du nouveau Plan anti-cancer appelé à prendre la relève du premier, la professeure Assia Kerboua déclare souhaiter « qu’il ne soit pas que théorique ». Il faudrait, ajoute-t-elle, qu’il y ait une « feuille de route », afin que ne soit pas refaites les mêmes erreurs que celle constatées pour le précédent.


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