vendredi 10 janvier 2020

Yennayer 2970 : lancement à Tipasa des festivités officielles et nationales

Le coup d'envoi des festivités officielles et nationales Yennayer pour la célébration du nouvel an Amazigh "Yennayer 2970" a été donné, vendredi à Tipasa, avec un programme culturel, social et académique riche et varié. Cette manifestation qui s'étalera jusqu'au 14 janvier prochain a été lancée à partir du Mausolée royal de Maurétanie, surnommé Tombeau de la chrétienne, en présence de la ministre de la Culture, Malika Bendouda, du Secrétaire général du Haut Commissariat à l'Amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, du wali de Tipasa, Mohamed Bouchama ainsi que des artistes et des académiciens. Dans le cadre de ces festivités et à titre symbolique, mille (1.000) arbres ont été plantés autour du Mausolée royal de Maurétanie. Par la suite, la ministre de la Culture et le SG du HCA ont donné le coup d'envoi officiel des festivités pour la célébration du nouvel an amazigh à la Maison de la culture du centre ville de Tipasa. Ces festivités prévoient une exposition de tissage, de broderie traditionnelle, de vannerie, de céramique, de poterie, de dinanderie et de tapisserie, un concours national culinaire et de couture outre une présentation de la troupe Ahl Ellil, invitée d'honneur de cette édition, qui interprétera des passages musicaux. Au programme de la première journée de cette manifestation, une soirée qui sera marquée par des représentations artistiques et culturelles de troupes locales et nationales de danse ainsi que des représentations théâtrales qui reflètent les traditions de la vie quotidienne de la famille amazighe. La deuxième journée des festivités verra l'organisation d'un colloque scientifique académique "Yennayer, symbole d'une identité retrouvée et monument historique à valoriser" qui sera animé par des académiciens, à l'instar du Professeur Mohamed El Hadi Harech, Chams Eddine Chitour, la chercheuse Louisa Galiz, Dr Mahfoud Ferroukhi, Dr Boudjemaa Haichour ainsi que les professeurs universitaires Abdennaceur Kadjiba, Youcef Necib, Toufik Aouni, Mohamed Serridj et Salem Ben Zayed. Le colloque comprendra trois assises suivies de débats abordant des thèmes ayant trait à l'Histoire, aux calendriers des anciens peuples et amazigh, au patrimoines matériel et immatériel, à la cohabitation, à l'identité, aux manuscrits, aux traditions et coutumes, à l'histoire des Amazighs de la région de Tipasa et à d'autres thèmes. En marge de ce colloque, il sera procédé à l'installation d'une commission de wilaya du patrimoine immatériel, à la conclusion de conventions de coopération entre l'entreprise publique de Télévision (EPTV) et le Haut Commissariat à l'Amazighité (HCA) et à l'installation de la 1ère promotion de journalistes et correspondants activant en Tamazight, outre d'autres activités culturelles et artistiques. Les festivités devront se poursuivre du dimanche au mardi à travers la wilaya de Tipasa. La maison de la Culture "Ahmed Aroua" (Koléa) abritera plusieurs activités artistiques et expositions, notamment l'organisation d'un défilé de tenues traditionnelles amazigh représentant les différentes régions du pays et d'un concert artistique animé par un groupe chinois dans le cadre des échanges culturels entre les deux pays. Yennayer, un ferment de la cohésion et de l'unité du peuple algérien Le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad avait déclaré, la semaine dernière, que le nouvel an amazigh Yennayer 2970 sera célébré cette année "avec un programme riche, instructif, alliant les aspects socio-éducatifs et l'aspect académique, à travers un colloque qui réunit des historiens, des archéologues, et des anthropologues et autres universitaires, estimant que Yennayer "est un solide ferment dans la symbiose populaire et un ciment inaltérable pour la cohésion sociale et l’unité du peuple algérien". La célébration du nouvel an amazigh se distingue, cette année, par "publication, en une seule édition, de cinq titres traitant de Yennayer en tant que sujet d’étude et axe de réflexion menés par des universitaires aguerris", a-t-il soutenu, ajoutant que l’objectif visé est de "mettre en exergue la portée philosophique, historique, socio-culturelle et symbolique de cette fête ancestrale". Le HCA rappelle, à ce titre, que cette fête est "célébrée avec faste dans les foyers des différentes régions du pays mais aussi sur les places publiques par les associations et les institutions de l'Etat, notamment depuis la consécration du premier jour de l’an amazigh, correspondant au 12 janvier de chaque année, comme une journée chômée et payée, en vertu de la modification en 2018 de la loi n 63-278 du 26 juillet 1963 fixant la liste des fêtes légales en Algérie". "Autant Yennayer est une fête traditionnelle, marquant le début de l’année agraire, autant c’est une tradition millénaire de notre société", a-t-il fait remarquer, soulignant que cette fête "nous rappelle que la dimension amazighe, comme les autres composantes consacrées par la Constitution algérienne, édifie l'unité de la nation, sa pérennité et la cohésion sociale de notre pays". Pour le HCA, "cette fête constitue le socle commun des valeurs ancestrales de convivialité, de partage, de générosité, de solidarité et du vivre ensemble". "Yennayer doit être lié au sens véhiculé par la tradition, celui centré sur le respect de la terre et orienté vers la connaissance scientifique en rapport avec la dimension historique", a-t-il soutenu, considérant Yennayer comme "un repère à la fois spatial et temporel, qui marque la profondeur de notre histoire et de notre patrimoine culturel". Il a expliqué, à ce titre, que sur le plan patrimonial, cette fête célèbre la terre nourricière et le respect qui lui est dû en valorisant ce rapport "charnel" entre l'homme et la terre dans ses différents aspects "qui doivent être réinvestis dans des perspectives éducatives et de formation à travers l’école".


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