dimanche 19 janvier 2020

Le président de l’Association nationale des experts fiscaux : les raisons de la crise fiscale sont connues, mais personne n’a le courage d’agir

De la situation de crise dans laquelle se trouve enfoncée l’administration fiscale, notamment de ses difficultés à recouvrer l’impôt, M. El Hachemi Boubekeur Selami observe que « tout le monde connait le problème, mais personnes n’a le courage de prendre une décision ».   Notant, d’autre part, que la fiscalité pétrolière représente actuellement 42% de la fiscalité budgétaire, contre 10% durant les années 70, il en conclut qu’elle est devenue « rentière » faisant que lorsque les prix du brut chutant, le pays se trouve tout naturellement confronté à une énième crise financière. S’exprimant, dimanche, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, le président de l’Association nationale des experts fiscaux impute cette situation au retard accusé par le système fiscal national, dont la modernisation, rappelle-t-il, avait pourtant été annoncé il y a plus de vingt années de cela. Rappelant que le DG des impôts s’était récemment exprimé, il note que c’est a propos du seul système de paiement électronique, sans mentionner, dit-il, celui prévu pour relier à vaste échelle l’ensemble des structures fiscales entre elles, ainsi qu’avec les douanes, les banques et le commerce. Commentant, d’autre part, les raisons du faible taux de recouvrement de la fiscalité ordinaire, particulièrement celle des créances fiscales anciennes, il précise qu’elle s’élève à 11.000 milliards de dinars alors que, dit-il, le DG des impôts n’a avancé qu’un chiffre de 4,5 milliards de dinars. En tout état de cause, il estime qu’une grande partie de ces sommes est « irrécouvrable », en raison, explique-t-il, du phénomène de prête-nom, de décès de contribuables ou de leur difficile localisation, de la dissolution d’entreprises voire, de la non déclaration par certains managers véreux de leur chiffre d’affaire réel.   Selon lui, cette situation a engendré une  « grande pression fiscale » sur certaines catégories d’entreprises et de citoyens, dont certains, révèle-t-il  sont contraints de s’acquitter d’environ 60 à 63 % de fiscalité ordinaire, entre IRG et TVA. De l’informel qui, dans sa quasi-totalité continue d’échapper à l’impôt, il juge que l’administration fiscale, « qui y a une grande responsabilité mais pas les moyens », à ouvrir ce chantier. Il considère cependant qu’avec ses quelque 20.000 agents et cadres, chargés de couvrir tout le territoire, celle-ci n’est pas suffisamment armée pour effectuer sa mission de recouvrement de l’impôt dans les meilleures conditions possibles.  


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