mardi 31 décembre 2019

Le directeur de l’Ecole supérieure de journalisme : la crédibilité de l’information passe par l'éloignement de la main-mise du pouvoir

Les médias Algériens ne communiquent pas, sinon le font très mal, parce que souffrant d’un déficit de crédibilisé de la part de leurs lecteurs et auditeurs lesquels les suspectent de verser dans la propagande au profit des gouvernants du moment. Le directeur de l’Ecole de journalisme voit dans cette situation une « carence » parce que, dit-il, la presse n’a pas fait l'objet de changements dans ses habitudes, en dépit dit-il, des efforts entrepris depuis les années 90, d'élaborer des stratégies lui permettant d'émettre un discours crédible. Accueilli, mardi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, M. Abdesselam Benzaoui rappelle que la liberté de la presse, à travers la multiplication des médias, a été marquée, durant cette période, par de « belles expériences », mais mortes-nées, parce que rappelle-t-il, l’information s’est, peu de temps après, retrouvée « contrôlée et régulée » par le pouvoir. Relevant que l’intérêt à la communication n’est suscité qu’en période de crise, il cite l’exemple de celle traversée présentement par l’Algérie où, note-t-il, revient sur le devant de la scène l’ancien débat sur l’absence de crédibilité des médias, se retrouvant alors concurrencés par les réseaux sociaux. Pour l’intervenant, nous en sommes encore « aux vieux réflexes » des institutions de l’Etat, lesquelles se sont toujours méfiées de la communication, les amenant à verser dans « l’autocensure ». Pour ces dernières, explique-t-il, donner une information « c’est dévoiler des choses que le citoyen ne doit pas connaitre, ce qui est faux ». Cette manière de procéder, constate-t-il, laisse tout naturellement place « à la rumeur, laquelle crée la tension ». Enfonçant le clou, le professeur Benzaoui observe que les politiques Algériens ont toujours considérés qu’ils étaient les seuls à être les authentiques « communicateurs », passant outre le fait que la communication « c’est une stratégie d’ensembles ». Commentant, par ailleurs, les annonces faites par le nouveau chef de l’Etat d’organiser des rencontres périodiques avec les représentants de la presse et celle de créer le poste de porte-parole de la présidence, l’invité souligne fortement l’importance de ces initiatives permettant d'ouvrir l'accès à une information officielle et crédible. Circonspect, il estime qu'il reste à savoir ce qu'il va en être « dans la réalité ».                 


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