mercredi 2 octobre 2019

Abdelkader Gueliz, Professeur en économie : « une partie des réserves de change peut être utilisée comme fonds de garantie de financement externe pour réduire le déficit budgétaire de l’Etat »

«Augmenter ou introduire des taxes supplémentaires sur le dos du citoyen n’est pas la solution idoine pour réduire le déficit budgétaire de l’Etat », indique le professeur es économie Abdelkader Gueliz qui se dit contre la diabolisation du financement externe dans les conditions que traverse le pays (stabilité politique, perspectives économiques incertaines,,,), estimant que "le coup de financement externe sera très élevé si l’on tergiverse encore». L’Invité de la rédaction appelle à l’utilisation d’une partie des réserves de change comme fonds de garantie de financement externe qui aide à réduire ce déficit qui est de l’ordre de 1500 milliards de DA. Pour un pays si riche en ressources financières diversifiées qui passe d’une aisance financière à l'endettement externe, l’Algérie enregistre un déficit de plus de 1500 milliards de dinars. M. Gueliz explique pour la radio chaine comment on en est arrivé là et quelles issues peut-on prôner. Un déséquilibre structurel en économie, c’est cette indépendance à un seul chiffre qui est le prix du pétrole. Quand ce dernier est élevé tout va bien  mais dès que le prix diminue tout va mal. Ce prix a chuté de façon draconienne en 2014 ce qui a impacté la fiscalité pétrolière notamment,  l’Etat n’arrive pas à réduire ses dépenses (de fonctionnement et équipement) et ne pouvait que les maintenir difficilement ainsi que les recettes ordinaires puisque  l’activité économique elle-même peine à réaliser un taux de croissance importante (pas plus de 2%). Evidemment l’absence de compensation, dit-il, a  poussé très vite à l’épuisement des réserves de change (200 milliards dollars) qui est aujourd’hui à 60 milliards de dollars seulement. « Non, nous sommes pas un pays riche car l’argent stocké est parti très vite. Or c’est le flux d’argent qui fait la richesse », explique-il, toutefois nous n’arrivons pas à dégager du flux actuellement. A la question de comment y remédier pour couvrir le déficit de 1500 milliards de DA, M. Gueliz ne mâche pas ses mots pour dire que « ça sera vraiment difficile pour réduire le déficit tant que les dépenses  de l’Etat ne peuvent être réduites. Un état récurent qui risque d’être accentué par le recours au financement externe tel qu’il est mentionné dans le PLF 2020 qui fait appel à la BM, la Banque Africaine et la banque de l’OCI si l’on maitrise pas le rapport budget/dépenses de fonctionnement».      


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