mardi 10 septembre 2019

Djilali Hadjadj : qu’il faut mettre en place tout un système de prévention contre la corruption

«La corruption a pris de l’ampleur durant ces 20 dernières années et les procès de certains ministres et responsables ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt», a averti le président de l’association de lutte contre la corruption, Djilali Hadjadj. Intervenant, ce mardi, dans l’émission «L’Invité de la rédaction de la radio Chaine 3, M. Hadjadj indique que ce fléau bat son plein au sommet de l’Etat et au niveau local. «Si nous avons vu quelques magistrats agir dans quelques wilayas ce n’est pas encore le cas dans beaucoup d’autres. Dans 40 wilaya c’est le sommeil des magistrats alors que les affaires sont abondante», regrette-t-il tout en appelant le ministre de la justice à les presser d’agir pour répondre à aux revendications des citoyens qui manifestent chaque vendredi. Le président de l’Association nationale de lutte contre la corruption ne croit pas que la justice peut agir efficacement et juger toutes les affaires dans son état actuel. «La machine judicaire est rouillée et y’a un réel problème de fonctionnement de la justice au quotidien», dit-il en mettant le doigt, entres autres, sur le problème de compétence des magistrats sur des affaires complexes, le nombre limité relativement à l’immensité de la tâche.     Plaidant pour une démarche de lutte contre la corruption qui s’inscrit dans la durée, l’invité de la Chaine 3 estime que «Ce n’est pas en agissant d’une manière spectaculaire qu’on va convaincre qu’il y’a une réelle lutte contre la corruption». Il s’agit selon lui de mettre en place des mécanismes juridiques pour faciliter la tâche aux magistrats. «Mettre en avant, par exemple, le dispositif qui permet de plaider coupable afin de permettre à un certains nombre de justiciables impliqués dans les affaires de corruption de participer avec la justice dans le but de raccourcir les délais et décharger les juges», suggère M. Hadjadj. A la question de savoir comment prémunir la société de ce fléau, l’intervenant estime qu’il faut mettre en place tout un système de prévention contre la corruption. Parmi les recommandations on cite l’adoption d’un «bon code des marchés publics», exiger la déclaration de patrimoines à tous les responsables et agents de l’Etat, construire une cours des comptes performante et autonomes, libérée l’inspection des finances de toutes entraves. M. Hadjadj insiste particulièrement sur la suppression de l’immunité des responsables qui sert à «conforter l’impunité».   


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