dimanche 24 mars 2019

Le professeur Mohamed-Cherif Benmihoub : il faut éviter le chaos économique à l'Algérie par une transition politique la plus courte possible

Depuis quelques jours, des appels émanant de milieux dissimulés incitent à observer une grève et à geler, trois journées durant, des activités économiques dans le pays, notamment celles de secteurs stratégiques liés à l’exploitation de sites énergétiques. S’exprimant, dimanche, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, le professeur Mohamed-Chérif Benmihoub considère que le pays se trouve face à une situation « délicate » qu’il impute à l’émergence d’une crise politique qui mature, « depuis déjà quelques mois ». Commentant la situation de crise à laquelle est actuellement confrontée l’Algérie, cet analyste en économie estime qu’il est vital de passer par une période de transition politique « la plus courte possible », en utilisant les ressources de la Constitution « quitte à revoir cette dernière plus tard », afin d'éviter au pays de se trouver dans l’impasse.   S’il reconnaît la légitimité des revendications populaires, M. Benmihoub n’en abonde pas moins, par ailleurs, vers l’idée que cette transition se fasse de façon organisée sinon, prévient-il, « nous risquons d'aller vers le chaos ». Cet analyste en économie déclare, d’autre part, craindre qu’à partir du moment où la situation n’est pas claire sur le plan institutionnel, les opérateurs économiques « soient à minima » et provoquent du même coup un arrêt des investissements durant une période indéterminée. Déjà, relève-t-il, que ce climat des affaires n’était pas bon, du fait de la corruption, de la bureaucratie, de l'instabilite juridique ou de la difficulté d’accès au crédit, « il risque de se dégrader davantage ». Face au climat de mécontentement populaire et des tentatives de porter atteinte aux finances du pays, M. Benmihoub préconise, par ailleurs, de prendre en urgence des mesures de sauvegarde sur les réserves de change, en les plaçant sous la supervision d’un comité ad-hoc et non pas « entre les seules mains de la Banque d’Algérie », pour éviter de les voir « s’évaporer en partie ». Pour ce qui concerne la gestion des comptes publics du Trésor, il y note une « dégradation » en raison, explique-t-il, de l’actionnement de la planche à billets dont il affirme qu’elle a produit, à ce jour, 6.500.000 milliards de dinars « alors que les banques se trouvent en surliquidités », ce qui constitue un paradoxe. 


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