dimanche 20 janvier 2019

A Constantine, le monoxyde de carbone est responsable de nombreux décès

Premiers froids, premières intoxications au monoxyde de carbone et premiers bulletins de renseignements quotidien (BRQ) de la Protection Civile « dédiés » à ce tueur silencieux, un véritable « serial killer », particulièrement au niveau de la circonscription administrative d’Ali Mendjeli (Constantine). Comme dans tant d’autres régions du pays d’ailleurs, Constantine n’est pas en reste, en particulier dans la commune Ali Mendjeli, laquelle concentre, à elle seule, la majorité des cas d’asphyxie et de décès imputés à ce gaz inodore, invisible, mais mortel qui décime parfois des familles entières. Une réalité que font ressortir les bilans réguliers de la direction de la Protection civile de Constantine (DPC), faisant état d’une hausse « alarmante » de décès dus au monoxyde de carbone, dans cette nouvelle ville où pas moins de 9 morts ont été déplorés, sur 10 victimes, en 2018, au niveau de la wilaya. « Entre l’année 2017, où les services de la protection civile ont dénombré 3 décès dus à ce gaz et 2018, il a été constaté un +bond+  inquiétant du nombre de victime dans cette ville, la plaçant en pole position en matière du nombre de victimes provoquées par celui-ci, révèle à l’APS le lieutenant Noureddine Tafer, responsable de la communication à la DPC. Il en est de même pour le nombre d’interventions liées aux asphyxies par le monoxyde dont le nombre, selon M. Tafer, a accusé une hausse durant ces deux dernières années, avec 123 interventions en 2017 et 140 en 2018, permettant de secourir respectivement 195 et 157 personnes durant ces deux périodes. Déplorant la perte de 3 personnes depuis début janvier 2019, dont celle d’un couple et plus d’une de cas d’asphyxie, le lieutenant Tafer explique cette « situation préoccupante » par le non-respect des consignes de sécurité, s’agissant des normes d’installation des appareils de chauffage à gaz et des chauffe-bain. Cet officier révèle, en outre, que certains ménages d’Ali Mendjeli, notamment ceux relogés au titre du programmes de résorption de l’habitat précaire, ont la fâcheuse habitude de « reconduire certaines pratiques imprudentes en matière d’usage des appareils de chauffage, en totale inadéquation avec les règles fondamentales de sécurité des équipements fonctionnant au gaz ».  Le constat est tout aussi accablant du côté des services de la Société de distribution de l’électricité et du gaz de Constantine (SDC) qui  mettent en avant « plusieurs comportements inciviques et dangereux de citoyens, notamment à Ali Mendjeli ». Les opérations de porte à porte organisées par les agents de la SDC ont en effet relevé,  de « nombreux dysfonctionnements dans les installations des chauffages à gaz, l’absence d’aération ou encore cette de gaines d’évacuation des gaz brûlés des chauffe-bains ». Approchés par l’APS, des citoyens admettent « ne pas avoir nettoyé leur chauffage à gaz, ni même penser à désobstruer éventuellement leur cheminée avant la saison hivernale, alors que d’autres confient « ne pas avoir fait appel aux services d’un agent agréé pour faire installer leur chauffage à gaz ou leur chauffe-bain ». Dans le quartier populeux de Oued El Had, où l’informel règne en maitre, tout se vend et s’achète à des prix défiant toute concurrence, entre autres des chauffages à gaz et des chauffe bain d’occasion, cédés à moins de 10.000 DA, sans certificat de garantie ou de conformité. Abdelghani Bounaâs, chef de service de la protection du consommateur et de la répression des fraudes à la direction du commerce de Constantine, signale que sur  302 interventions opérées en 2018 au niveau des commerces de gros et de détail d’appareils à gaz, il a été constaté 127 infractions, dont 73 pour non-respect du certificat de garantie. En 2018, les éléments de la Protection civile ont réussi à sauver 168 personnes exposées au monoxyde de carbone dans le pays.


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