mardi 5 juin 2018

Vers la prolongation de l’enquête préliminaire

L’enquête préliminaire sur l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis au port d’Oran, dans un container de viande congelée importée du Brésil, risque de dépasser le délais des huit jours, ainsi que prévu par le code de procédure pénale, et une prolongation de 12 jours pourrait être accordée aux enquêteurs de la brigade de recherche de la gendarmerie de Bab J’did, à Alger. Ces derniers ont procédé à plusieurs interpellations, à commencer par le propriétaire de la marchandise dans laquelle a été dissimulée la drogue, le magnat de l’immobilier Kamel Chikhi, plus connu à Kouba sous le nom de Kamel El Bouchi (le boucher), un quartier où il a sa boucherie et surtout où il a acheté de nombreux biens immobiliers, transformés pour beaucoup en tours. Les interpellations ont également visé ses deux frères associés, mais aussi des cadres dirigeants de ses sociétés, alors que les entrepôts de celles-ci ont fait l’objet d’opérations de perquisition. Plusieurs personnes seraient actuellement en garde à vue, dont le délai prendra fin aujourd’hui, précisent nos interlocuteurs. «Il est très probable qu’une prolongation à 12 jours soit accordée aux enquêteurs qui, dans le cas contraire, devraient procéder à la présentation de tous les mis en cause aujourd’hui au pôle pénal spécialisé d’Oran.» Nos interlocuteurs qualifient l’affaire de «trop importante» en raison de ses implications et surtout de ses ramifications à l’étranger. «Les gendarmes n’ont pas encore terminé et étant donné qu’il s’agit d’un crime transfrontalier, le code de procédure pénale permet à l’enquête préliminaire de passer d’un délai de 8 jours de garde à vue à 12 jours», notent nos sources, précisant par ailleurs qu’une fois les présentations effectuées et le dossier mis sur le bureau du pôle pénal d’Oran, «ce dernier sera obligé de s’en désister au profit du pôle pénal d’Alger, d’autant que la majorité des mis en cause résident à Alger, à commencer par le principal prévenu dont les sociétés, notamment celle qui a importé la viande du Brésil, sont domiciliées dans la circonscription du pôle d’Alger, qui, faut-il le préciser, a une compétence internationale». A peine constitués, certains avocats, qui préfèrent rester dans l’ombre pour l’instant, ont défendu le transfert du dossier à Alger.  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire