samedi 9 juin 2018

Uniquement pour les camions

Entrée en vigueur mercredi dernier, le 30 mai, une taxe dite «frais de scanner» est appliquée par les Douanes tunisiennes aux poids lourds algériens qui entrent sur le territoire tunisien. 200 DT (14 000 DA) pour les camions de 40 tonnes et 100 DT (7000 DA) pour les 20 tonnes. Selon les explications que nous ont fournies les transporteurs qui nous ont montré le ticket délivré par les douaniers tunisiens, il s’agit d’une taxe pour amortir l’investissement des scanners acquis et du fonctionnement de ces équipements. Côté algérien, aucune réaction. L’étonnement de la population frontalière, qui a supposé qu’annoncée face à la récente crise politique et économique chez nos voisins de l’Est, c’était le retour en force de la taxe de 30 DT tunisiens appliquée subitement aux vacanciers algériens en août 2014 puis retirée au bout de plusieurs mois de tergiversations. Contrairement à ce qui a été rapporté par des confrères, les bus de voyageurs comme les véhicules particuliers ne sont pas soumis au passage du scanner et par conséquent ne payent aucune taxe à l’entrée ni à la sortie du territoire tunisien. Près de deux millions d’Algériens ont franchi la frontière tunisienne en 2017. Les conducteurs de camion avouent faire contre mauvaise fortune bon cœur car rien, selon eux, ne laissait présager cette nouvelle taxe. Pour eux, la taxe va se répercuter sur le consommateur algérien et faire le bonheur des tenants du marché noir de la devise tunisienne. Cependant ils trouvent exagéré et à la limite du vol de scanner les camions à vide. Les autorités tunisiennes s’attendent à un rush de plus de deux millions de vacanciers en 2018. Il faut souhaiter que les postes frontières tunisiens, notamment de Tabarka, soient dotés en équipement et en personnel suffisants pour faire face à cette déferlante. La formule du «passage en auto» au poste frontalier algérien a considérablement réduit le temps des formalités, avec un maximum 10 minutes, ce qui provoque un goulot d’étranglement au poste tunisien qui n’est pas encore en mesure de suivre la cadence. A différentes reprises, lors des rencontres sur la bande frontalière, les autorités tunisiennes avaient pris l’engagement d’y remédier dans les meilleurs délais. A défaut, nous disent les usagers, il suffirait d’augmenter le nombre des agents derrière les guichets.  

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