mardi 5 juin 2018

Un comité pour la libération de Merzoug Touati à Béjaïa

Le cercle de solidarité autour du blogueur Touati Merzoug, condamné le 24 mai à 10 ans de réclusion criminelle pour avoir interviewé un diplomate israélien, s’élargit pour impliquer une large frange de la société, au-delà même de la région de Béjaïa, où il a été arrêté et jugé après 17 mois de détention provisoire. Samedi dernier, des militants des droits humains et de nombreux représentants de la société civile ont mis sur pied un comité pour la libération du blogueur. La perspective du procès en deuxième instance, qui pourrait intervenir pendant ce mois de juin, après l’introduction d’un appel par les avocats du condamné, le comité s’engage pour une première action de rue. Appel est fait pour un premier rassemblement demain en soirée sur la placette Saïd Mekbel. Dans leur déclaration-appel, les membres du comité, ouvert à toutes les adhésions, se disent convaincus de l’innocence du blogueur auquel ils expriment toute leur solidarité. «Nous considérons que cette condamnation est une atteinte grave à la liberté d’expression en violation du droit constitutionnel et des conventions internationales ratifiées par l’Algérie», écrit le comité qui dénonce «un dossier d’instruction exclusivement à charge et un procès politique inéquitable». Pendant la réunion abritée par le siège du CDDH et à laquelle a pris part la maman de Merzoug, Na Chava, d’aucuns ont considéré le cas de Merzoug Touati comme un exemple de plus des restrictions des libertés dans notre pays et une atteinte aux acquis démocratiques. Le comité se lance dans une opération de sensibilisation de l’opinion nationale autour d’une atteinte à la liberté d’expression «grave» et dont on considère que Touati Merzoug est «un cas de trop». Il est espéré de la société civile et de la classe politique de grossir les rangs de ce comité, qui fait du rassemblement de demain une première étape d’une mobilisation qu’il veut populaire et pour une seule revendication : «La libération de Touati Merzoug». Mais l’occasion n’empêche pas d’interpeller les autorités pour «cesser les atteintes répétées aux libertés». La mobilisation, timide avant et durant le procès, prend d’un coup de l’importance sous l’effet du  prononcé du verdict assommant. Jeudi dernier, un rassemblement de solidarité a été organisé à la place Katia Bengana, dans la ville d’Aokas, où les quelques dizaines de manifestants ont aussi marché pour dire «halte à l’injustice». Une semaine plus tôt, on s’est rassemblé nombreux aussi dans la ville de Sidi Aïch avec le même objectif et la même détermination. Hors de la wilaya, un appel a été lancé pour un rassemblement de solidarité à Bouira, samedi 2 juin. Le mouvement qui gagne la Kabylie s’est manifesté à Tizi Ouzou par un appel qui est lancé pour une action de rue similaire aujourd'hui, à midi, devant le portail du campus de Hasnaoua. Un «collectif des associations libres» a lancé, de son côté, un autre appel pour une grève générale en Kabylie, en mettant en avant ce slogan qui alerte : «Aujourd’hui c’est moi, demain ce sera toi». Le même message sur une banderole revendiquant la libération du détenu, qui est élevée sur la RN26, à hauteur du village Colonel Amirouche, à Akbou, au sud de Béjaïa. A cet élan de solidarité qui s’étend sur le terrain, s’ajoutent des pétitions qui ont été lancées en ligne, dont celle d’Amnesty International, convergeant toutes vers la dénonciation d’une condamnation arbitraire et l’exigence de libérer le jeune blogueur.  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire