samedi 9 juin 2018

Taxe imposée aux transporteurs algériens

La nouvelle taxe imposée par le gouvernement tunisien aux transporteurs algériens n’a pas provoqué seulement la colère des opérateurs économiques nationaux. Cette décision de faire payer aux transporteurs algériens 200 DT (environ 14 000 DA) à chaque entrée sur le territoire tunisien a été également dénoncée par les entreprises tunisiennes. En effet, la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect), qui regroupe le gotha de l’économie tunisienne, a protesté contre cette décision pénalisant les économies des deux pays. «La décision relative à l’imposition d’une nouvelle taxe aux transporteurs algériens à leur entrée sur le territoire tunisien, d’une valeur de 200 dinars, constitue une nouvelle entrave aux échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Algérie», a dénoncé la Conect dans un communiqué diffusé par l’agence tunisienne d’informations TAP. La Conect fait état de sa «préoccupation» suite à cette décision des autorités tunisiennes, considérant que «ce genre de dispositions créent une instabilité réglementaire et constituent des obstacles pour les opérateurs économiques de nos deux pays frères et voisins». La Confédération des entreprises tunisiennes a poursuivi en soulignant l’importance des relations entre les deux pays et surtout l’impératif d’augmenter le volume des échanges commerciaux et économiques. «La conjoncture actuelle nécessite une batterie de mesures de facilitation et de soutien en faveur des opérateurs économiques afin d’augmenter le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Algérie, qui est en deçà du potentiel existant», a affirmé la Conect, qui a lancé par là même un appel aux hautes autorités tunisiennes pour «lever ces entraves à l’export qui freinent le développement de la PME tunisienne à l’international». Comme rapporté par l’APS, la Direction générale des Douanes tunisiennes a tenté d’expliquer cette taxe en indiquant qu’elle était prévue dans la loi de finances 2018. Il s’agit d’une taxe de «scannage». Les bus et les véhicules touristiques ne sont pas concernés par cette taxe qui s’applique uniquement sur les transports de marchandises. Et pour le moment, elle est applicable uniquement au niveau des passages frontaliers équipés de scanners. La Direction générale des Douanes tunisiennes a précisé que «ce droit a été décidé pour couvrir les coûts d’acquisition et de maintenance des scanners et que cette mesure est appliquée dans tous les pays». La réaction de la Conect vient ainsi en appui à la colère des opérateurs algériens qui ont vu dans cette décision une volonté des autorités tunisiennes de réduire le flux de marchandises vers la Tunisie. Ce n’est pas la première fois que les autorités tunisiennes prennent des mesures pour freiner le flux commercial de l’Algérie vers la Tunisie. Depuis fin 2012, une taxe additionnelle a été imposée à tous les produits alimentaires importés d’Algérie. En 2017, le gouvernement tunisien allait instituer une taxe d’entrée sur le territoire tunisien aux Algériens avant de se rétracter par crainte de perdre les touristes qui ont pris l’habitude de partir en masse passer leurs vacances en Tunisie. Les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Tunisie demeurent faibles. Ils sont même en net recul par rapport aux années précédentes. Si l’on se fie aux dernières données publiées par l’Institut national tunisien des statistiques, les échanges commerciaux entre les deux pays sont passés de 355 millions de dollars en 2016 à 290 millions de dollars en 2017. Ce qui représente une baisse de 18,31%.

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