mardi 12 juin 2018

Scandale à l’agence foncière

La brigade économique et financière (BEF) de la sûreté de wilaya de Bouira a diligenté une enquête sur une affaire qui secoue, depuis une semaine, l’agence de gestion et de régulation du foncier urbain (AWGRF), a-t-on appris de source sécuritaire. L’enquête, décidée sur instruction du parquet de Bouira, fait suite à une plainte déposée par des promoteurs immobiliers dénonçant des malversations et infractions dans le cadre d’une opération liée à la vente aux enchères de terrains destinés à la promotion immobilière et à des habitations individuelles dans les deux communes de Bouira et M’chedallah. Le scandale n’en finit pas de faire jaser. Plusieurs personnes, dont le chargé de la gestion des affaires de l’agence foncière et des membres de la commission retenus pour l’ouverture des plis, ont été convoquées et auditionnées par la BEF. L’enquête est en cours. Les faits portés notamment contre le premier responsable de ladite agence sont gravissimes, a-t-on indiqué de mêmes sources. L’opération concernant la vente aux enchères des 14 lots destinés à la promotion immobilière au chef-lieu de wilaya et à M’chedallah, ainsi que 11 autres lots pour habitations individuelles, serait entachée d’irrégularités et d’anomalies. Les plaignants ont constaté des ratures et des modifications sur les cahiers des charges le jour de l’ouverture des plis et de l’évaluation des offres —vraisemblablement opérées pour favoriser d’autres postulants — ont interpellé, dans un document que nous avons consulté, les ministres de l’Intérieur et des Collectivités locales, de l’Industrie, le Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) et le président de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption. «Le 6 mai 2018, dernier délai pour le dépôt des offres, nous avons été surpris par la décision prise par le responsable de l’agence de prolonger le délai de dépôt pour une durée de dix jours, et ce, sans aucune explication fiable», ont-ils souligné, dénonçant le non-respect de la réglementation régissant les lois en vigueur tout en regrettant que les orientations du gouvernement appelant à plus de facilitation aux investisseurs sont bafouées.  Contacté par téléphone, le chargé de la gestion des affaires de l’Awgrf, Kaci Chabane, a refusé de s’exprimer sur cette affaire. Il faut préciser que ce «scandale» intervient deux mois après la suspension à titre conservatoire, par le wali de Bouria, de l’ex-directeur de l’agence foncière, Ali Mansouri. Ce dernier, accusé d’«abus de pouvoir», a été placé sous contrôle de judiciaire par le juge d’instruction près le tribunal de Bouira. En 2013, des services de sécurité ont été saisis par «lettre anonyme», accusant le responsable en question d’avoir acquis des biens en Algérie et même à l’étranger. Par ailleurs, les services de sécurité ont diligenté une enquête concernant le cas d’un promoteur ayant bénéficié d’un lot de terrain au centre-ville de Bouira alors que le projet destiné initialement pour une promotion immobilière a été changé pour la réalisation d’un équipement public. Le promoteur — un élu à l’Assemblée populaire de la wilaya de Bouira et cadre du Taj de Amar Ghoul — ne possédait même pas de permis de construction, a-t-on indiqué.

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