jeudi 7 juin 2018

Retrait de passeport au directeur régional des Douanes

Les passeports du directeur régional des Douanes algériennes à Annaba, Hamel Belkheir, du chef d’inspection divisionnaire, Réda Mehafdi, de cinq inspecteurs et quatre agents ont été retirés par les enquêteurs de la section de recherche et d’investigation, relevant du groupement de la gendarmerie nationale de Annaba. Selon des sources proches de cette affaire de trafic de conteneurs et transfert illicite de devises, cette mesure préventive a concerné également trois importateurs, un déclarant et un transitaire. L’enquête, qui a pris une importante dimension, a été achevée et les mis en cause seront bientôt devant la justice pour répondre, chacun en ce qui le concerne, de leurs actes. Force est de souligner que le traitement de cette affaire n’a pas été une sinécure, sachant que le directeur régional des Douanes algériennes de Annaba est le frère du DGSN. Contacté à travers le chargé de communication de la direction régionale des Douanes de Annaba, Hamel Belkheir, le directeur régional, nous a répondu avec agitation : «Je suis victime d’un complot.» Tout a commencé en janvier 2018, lorsqu’un jeune douanier, Réda Bouchouicha, relevant de la brigade mobile de contrôle au port de Annaba, avait entamé une grève de la faim illimitée après avoir été suspendu par sa hiérarchie, à la demande de son directeur régional, Belkheir Hamel. Selon sa version, au lieu d’être primé pour avoir empêché un immense trafic de conteneurs, dont au moins un était bourré de chaussures sportives contrefaites, il avait été suspendu puis réintégré, avant d’être muté hors du port de Annaba. Parallèlement, d’autres affaires ont été déclenchées sur un grand trafic de conteneurs contenant entre autres des chaises roulantes pour handicapés, des tapis de salon interdits à l’importation et transfert illicite de devises à travers de fausses déclarations. Saisies, la Direction générale des Douanes algériennes et la gendarmerie nationale ont immédiatement entamé chacune son enquête. Confirmant les dépassements, la première a procédé à une purge dans les rangs de ses inspecteurs et agents, en évaluant le préjudice à 400 milliards de centimes. La seconde, quant à elle, a entamé ses investigations en profondeur pour remonter la filière. De fil en aiguille, ce dossier a pris une dimension inattendue. Pis, selon des responsables douaniers cités par l’APS, il s’est avéré que plusieurs importateurs impliqués dans ce trafic de conteneurs sont blacklistés par les Douanes algériennes. Afin de contourner cette interdiction, une collusion s'est formée entre ces importateurs et des transitaires à travers des complicités à Annaba et Alger. Une manœuvre par laquelle ces commissionnaires ont enregistré cinq opérateurs économiques inscrits dans le fichier des fraudeurs comme étant des organismes spécifiques (associations, corps diplomatiques...) auxquels le règlement de la procédure douanière, en cas d'importation, les dispense d'avoir un numéro d'identification fiscale (NIF) et les assujettit à une autre procédure spécifique appelée D9. Mais un contrôle croisé des banques avec le système Sigad a permis de lancer l’alerte et de débusquer ces actes délictueux, expliquent les mêmes responsables. Cette complicité a été confirmée par les enquêteurs de la gendarmerie nationale de Annaba qui, en remontant la filière, sont arrivés jusqu’au directeur régional des Douanes algériennes, le frère du DGSN. Cependant, cette sensibilité dans le lien familial avec un haut responsable de l’Etat n’a pas bloqué le cours de l’enquête puisque la gendarmerie nationale est allée à terme dans cette affaire d’atteinte à l’économie nationale. Ce qui a généré indirectement de fortes sensibilités allant jusqu’à l’absence totale des représentants des corps militaires lors la récente visite du DGSN, le général Hamel Abdelghani, à Annaba.  

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