lundi 11 juin 2018

L’IRD organise un débat sur les luttes sociales en Algérie

Les auteurs de l’Initiative pour la refondation démocratique (IRD) ont relevé le recours systématique à la répression. «Le régime n'a rien trouvé de mieux que la répression par le gourdin, le bâillon, la justice aux ordres et la prison.» L’Initiative pour la refondation démocratique (IRD) regroupant des militants politiques et syndicalistes, poursuit ses conférences-débats sur la situation du pays, à tout point de vue. Après avoir largement expliqué les objectifs de cette démarche politique, les initiateurs de cette action, dont Hamid Ouazar, Tarik Mira et Ahmed Badoui, ouvrent le débat sur les luttes sociales face au pouvoir politique. Une conférence-débat aura lieu ce soir au siège national du MDS à Alger. L’animateur de la conférence est Nacer Djabi, sociologue. Les initiateurs de l’IRD décrivent ainsi un front social en constante ébullition. «Tout récemment et encore aujourd'hui, les résidents en médecine ont vu leur marche pacifique réprimée. Il y a juste quelques mois aussi, la grève des enseignants fut réprimée, déclarée illégale et des centaines d'enseignants licenciés de leur poste», soulignent-ils dans une déclaration rendue publique hier. Ils considèrent que «la répression systématique démontre encore une fois, s’il en était besoin, que le pouvoir politique choisit rarement la voie du dialogue pour faire face aux manifestations sociales de masse, émanant du monde du travail, de la société civile et de ses différentes couches sociales, de la sphère culturelle ou du monde politique». Les initiateurs de l’IRD ont évoqué à Octobre 1988 pour rappeler comment «l’expression de la mal-vie d’une jeunesse ’mahgoura' fut réprimée dans le sang et la torture». «Un ordre nouveau et une nouvelle Constitution en émergèrent», ont-ils souligné. Ils ont également cité les marches pour l’identité amazighe et le mouvement des arouchs qui furent également réprimés dans le sang. «Près de 127 jeunes y laissèrent leur vie. Les marches pacifiques pour le travail, le logement et le pouvoir d'achat, de meilleures conditions de vie et de travail, un environnement à l'abri de toute pollution, le mouvement des chômeurs et celui du gaz de schiste ont connu un sort identique, celui du bâton et du bâillon», ont-ils affirmé, rappelant ainsi «toutes ces révoltes, grèves et manifestations de la société enfermée par un ordre refusant le dialogue, la consultation et la concertation (...) La société se voit aujourd'hui contrainte à l'austérité par des lois de finances scélérates». Les auteurs de l’IRD ont ainsi relevé le recours systématique à la répression : «Le régime n'a pas trouvé mieux que la répression par le gourdin, le bâillon, la justice aux ordres et la prison. Et lorsque cet attirail ne suffit pas, on recourt aux redressements pour dévoyer les organisations, partis ou syndicats qui se créent ou rajuster leur orientation. Tout ce système répressif est mis en ordre d'action avec des moyens humains et matériels, technologiques et scientifiques à la hauteur des missions qui lui sont confiées.» Et de souligner dans ce sillage que «la Révolution avait ouvert la voie à la construction démocratique et au dialogue responsable entre la société et les dirigeants qu'elle a choisis pour la conduire sur la voie du progrès et de la modernité, de la démocratie et de la justice».

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