jeudi 7 juin 2018

L'affaire des 701 kg de cocaïne devant la justice

Finalement, le pôle pénal d’Oran s’est désisté de l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis à Oran, il y a une dizaine de jours, au profit du pôle pénal d’Alger. Il prend ainsi le relais pour élucider le mystère qui entoure l’affaire des 701 kg de cocaïne dissimulés dans une cargaison de viande congelée, importée du Brésil et ayant transité par le port de Valence, en Espagne. Aujourd’hui, plusieurs personnes, dont le grand magnat de l’immobilier à Alger, Kamel Chikhi, plus connu sous le nom de Kamel El Bouchi (le boucher), importateur de la viande congelée, ses deux frères et un de ses associés seront déférés devant cette instance judiciaire spécialisée et aux compétences internationales pour répondre de plusieurs chefs d’accusation liés au «trafic de drogue», mais aussi au «blanchiment d’argent» et «constitution d’une organisation criminelle transfrontalière». Confiée à la Gendarmerie nationale, l’enquête préliminaire a ciblé toutes les sociétés appartenant à ce promoteur immobilier, qui avait débuté avec une petite boucherie à Kouba (Alger), pour finir avec de nombreuses tours immobilières, non seulement dans son quartier, mais aussi dans d’autres, souvent les plus huppés de la capitale, comme Hydra, Saïd Hamdine, Les Sources, Ben Aknoun, Dély Ibrahim. Avec ses sociétés, Amazon Meat, Dnya Meat et Hit Meat (tantôt Eurl, tantôt Sarl avec comme associés ses frères) ont fait l’objet de perquisitions alors que ses associés ont été arrêtés et placés en garde à vue par les éléments de la brigade de recherche de Bab J'did, lesquels auraient procédé, hier matin, à une descente au marché Ali Melah, place du 1er Mai, où un de ses associés arrêtés avait un étal, fouillé de fond en comble. Pour l’instant, il est difficile pour Kamel Chikhi, cet homme aux puissantes relations dans la capitale, d’expliquer comment les 701 kg de cocaïne se sont retrouvés dans les containers au milieu des boîtes de viande congelée. Il est certain que cette quantité n’était pas destinée à l’Algérie, en raison de l’absence d’un marché de consommation, mais devait transiter avant qu’elle ne soit expédiée vers l’Europe ou le Moyen-Orient. Il faut dire qu'un nombre important de balises munies de systèmes de géolocalisation a été trouvé à bord du Vega Mercury affrété par la compagnie de droit suisse, MSC, détenus par des Italiens, qui avait acheminé la cargaison, après son transbordement à Valence, en Espagne, au port d’Oran. Pour les enquêteurs, de forts soupçons pèsent sur le commandant de bord du bateau, étant donné que ces balises sont souvent utilisées pour récupérer la drogue que les trafiquants jettent en mer en cas de danger. L’affaire n’est pas une simple opération de trafic de cannabis. Il s’agit d’une grande entreprise, derrière laquelle se cache une puissante organisation criminelle qui jouit d’importantes connexions et de complicités et ayant des ramifications internationales. Le principal accusé, Kamel Chikhi, ne peut être qu’une façade. Les juges du pôle pénal d’Alger ont une mission des plus délicates à mener. Celle de faire la lumière sur tous les membres du réseau, quels que soient leur statut ou leur fonction, qui ont aidé Kamel El Bouchi à devenir un magnat de l’immobilier en quelques années, sachant que cette activité, et ce, dans tous les pays, sert à blanchir l’argent sale.

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