mardi 5 juin 2018

Combattre la pollution plastique et les gaspillages

Al’instar de tous les pays du monde, l’Algérie célèbre la Journée mondiale de l’environnement qui coïncide avec le 5 juin de chaque année. Cette année, la célébration de cette journée est placée sous le thème «Combattre la pollution plastique». Depuis son lancement en 1974, la Journée mondiale de l’environnement a permis de renforcer la sensibilisation et de susciter un élan politique autour de préoccupations grandissantes, telles que l’appauvrissement de la couche d’ozone, les substances chimiques, la désertification et le réchauffement climatique. Bien qu’il ait de nombreux usages, nous sommes devenus dépendants du plastique à usage unique ou jetable et ses conséquences sur l’environnement sont préoccupantes. Partout dans le monde, 1 million de bouteilles en plastique sont achetées chaque minute. Jusqu’à 5 billions de sacs en plastique jetables sont utilisés dans le monde chaque année. Au total, 50% du plastique que nous utilisons est à usage unique et près d’un tiers des emballages en plastique échappe aux systèmes de collecte : cela finit donc par polluer nos rues et notre environnement naturel. Chaque année, jusqu’à 13 millions de tonnes de plastique arrivent dans nos océans, où elles étouffent les récifs coralliens et menacent la faune marine vulnérable. La quantité de plastique qui finit dans les océans mis bout à bout équivaut à quatre fois le tour de la Terre en une seule année et peut rester dans l’environnement jusqu’à 1000 ans avant de complètement se désintégrer. Alors que sous d’autres cieux, l’environnement est un mode de vie et une culture, en Algérie, il se limite à quelque chose à préserver. Même si les statistiques mondiales ne classent pas l’Algérie comme étant un pays pollueur, la qualité de notre environnement laisse à désirer. Nos plages et mêmes nos territoires désertiques sont inondés de déchets plastiques. La Chine et les Etats-Unis sont les plus grands pollueurs de la planète. Le débat dans le monde tourne autour de la manière de se débarrasser des industries polluantes. C’est dire que la protection de l’environnement n’est pas un luxe. La récupération et la valorisation des déchets, qui étaient perçues auparavant comme une préoccupation purement environnementale, sont devenues une activité économique qui peut générer un chiffre d’affaires de 38 milliards de dinars/an et pourrait créer de nombreux postes d’emploi directs et indirects (7600 emplois peuvent être créés dans la filière PET qui génère près de 350 000 tonnes/an). Des statistiques récentes montrent qu’il y a un marché de près de 300 000 tonnes/an de déchets spéciaux (pneus, huiles usagées, batteries) et les déchets 3 E (déchets d’équipements électriques et électroniques), dont seulement 150 000 tonnes sont valorisées et exploitées. Il y a près de 16 entreprises qui activent dans la collecte et l’exportation des huiles usagées et environ  10 entreprises privées dans la récupération et la valorisation des pneus usagés qui réalisent principalement des tapis de routes et du granulat dont le marché reste très prometteur, plusieurs entreprises américaines, françaises et sud-africaines ont manifesté un grand intérêt pour réaliser des pôles industriels dans le recyclage des produits informatiques. Cela montre clairement que le secteur de la valorisation des déchets reste peu développé en Algérie. Fatma Zohra Zerouati, ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, a indiqué que l’Algérie a une capacité de tri de 13 millions de tonnes de déchets par an. Elle a souligné que le tri et la valorisation de 6 millions de tonnes de déchets cette année et pour une durée de cinq ans permettront de réaliser une opération de fabrication et de valorisation des déchets d’une valeur de 2 milliards de dollars. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a approuvé la réalisation d’un complexe pour la valorisation énergétique des déchets au niveau du Grand- Alger, englobant outre Alger, les wilayas de Boumerdès, Blida et Tipasa, un projet qui va définitivement régler le problème des déchets de ces wilayas. Le secteur a programmé 188 projets de Centres d’enfouissement technique (CET), dont 89 ont été réalisés. La durée de vie d’un centre d’enfouissement est de 25 ans. Plusieurs centres ont atteint un taux de saturation de 90% en seulement 3 ans de mise en service en raison des grandes quantités de déchets. Près de 2000 décharges sauvages ont été éliminées durant les 15 dernières années. La plus grande décharge de Oued Smar s’est transformée en espace vert et jardins publics. La politique de gestion des déchets s’inscrit dans la Stratégie nationale environnementale (SNE), ainsi que dans le Plan national d’actions environnementales et du développement durable (PNAE-DD), et s’est concrétisée par la promulgation de la loi 01-19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets, traitant des aspects inhérents à la prise en charge des déchets. Les principes sont la prévention et la réduction de la production et de la nocivité des déchets à la source, l’organisation du tri, de la collecte, du transport et du traitement des déchets, la valorisation des déchets par un recyclage, le traitement écologiquement rationnel des déchets et l’information et la sensibilisation des citoyens sur les risques présentés par les déchets et leurs impacts sur la santé et l’environnement. Par ailleurs, les bouleversements structurels, rapides et majeurs, qui façonnent, aujourd’hui, la scène énergétique mondiale, ont mis l’Algérie devant d’importants défis et enjeux, à savoir, la diversification des sources d’énergie en vue de se libérer graduellement de la dépendance aux hydrocarbures et la garantie de la sécurité énergétique pour les générations futures, le développement d’une économie fondée sur la transition énergétique.                   

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