dimanche 13 mai 2018

Makri bien parti pour se succéder à lui-même

Les travaux du 7e congrès extraordinaire du Mouvement de la société pour la paix (MSP) se sont poursuivis hier tard dans la soirée pour l’élection du nouveau président de cette formation islamiste. La défection de Bouguerra Soltani, qui a fini par renoncer à sa candidature contre Abderrazak Makri, a mis fin à un suspens qui n’a que trop duré. Bien qu’au moment où nous mettons sous presse les résultats officiels de l’élection, qui s’est déroulée à bulletins secrets, n’étaient pas connus, Abderrazak Makri était bien favori devant des candidats beaucoup moins connus. Si Bouguerra Soltani ne s’est pas porté candidat, c’est parce qu’il a compris qu’il n’avait aucune chance face à un Makri qui disposait des appuis de la majorité des congressistes, lui qui était à la tête du MSP ces cinq dernières années. En critiquant vertement Bouguerra Soltani à l’ouverture des travaux de ce congrès «si» extraordinaire, M. Makri avait donné le là. La réaction des congressistes qui l’applaudissaient donnait déjà un avant-goût des résultats de ce congrès, marqué par l’affrontement verbal entre le président sortant et candidat à sa propre succession, Abderrazak Makri, et son éternel rival, Bouguerra Soltani, lui-même ancien président du parti. La rivalité entre les deux hommes a été clairement affichée à travers des déclarations publiques. Bouguerra Soltani n’avait pas caché ses velléités de reprendre le poste qu’il avait perdu en 2013, à la faveur du 5e congrès ordinaire, qui avait permis à M. Makri d’accéder à la présidence en plein bouillonnement de la rue arabe. Abderrazak Makri, qui n’était pas prêt à lâcher la présidence du parti, a été dur envers son rival. Devant 1800 délégués représentant 48 wilayas, Abderrazak Makri, qui incarne aujourd’hui l’aile la plus radicale du parti, proche des Frères musulmans, avait en effet vilipendé son concurrent au sein de cette formation qui peine à trouver le juste équilibre entre son aile «entriste» et l’autre radicale. Cette dernière, représentée par Abderrazak Makri, appuyé subtilement par Abdelmadjid Menasri, qui a pour «modèle» l’AKP du président turc Erdogan, se prépare dans l’ombre pour prendre totalement le pouvoir. Abderrazak Makri s’est engagé devant le congrès de faire accéder le MSP au pouvoir après les législatives de 2022. La mise à l’écart de Soltani confirme l’orientation radicale donnée à cette formation du défunt Mahfoudh Nahnah par Abderrazak Makri et ses soutiens. Ce dernier bénéficie, faut-il le rappeler, de l’appui de Abdelmadjid Menasra et de ses partisans. Autrement dit, l’opération de fusion entre le MSP et le Front du Changement de Abdelmadjid Menasra a été bénéfique pour Abderrazak Makri qui a renforcé son courant au sein de cette formation.

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