jeudi 31 mai 2018

Le président de la FOREM, Mustapha Khiati : les lois consacrées à la protection de l’enfance sont très peu ou pas appliquées

S’il existe nombre de lois consacrées à la protection de l’enfance en Algérie, elles ne sont, paradoxalement, que très peu ou pas du tout appliquées, constate le président de la Fondation nationale pour la protection de la santé et le développement de la recherche (FOREM).    S’exprimant, jeudi, à la veille de la célébration de la Journée mondiale de l’enfance, durant de l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, le Dr Mustapha Khiati cite l’exemple de la mendicité, où des individus utilisent des bébés pour provoquer la compassion de passants, « sans que cela n’émeuve personne ». Il impute cette situation à un défaut d’application permanente du mécanisme de la loi, qu’il compare à du « laxisme », à cause duquel l’enfant en situation de maltraitance n'est pas pris en charge. Commentant la création, en 2015, d’une Autorité nationale de protection de l’enfance, « qui normalement devrait être présente dans toutes les wilayas », le Dr Khiati constate que celle-ci demande des moyens et qu’elle en est « qu’à ses débuts ». Il rappelle que l’enfant est le « maillon faible » de la société et qu’il reste exposé à beaucoup de risques, notamment à la consommation de drogues, « une situation, signale-t-il, que nous avons dénoncé depuis une quinzaine d’années ». Il observe à ce propos que l’application du 3ème plan quatriennal de lutte contre ce phénomène « se fait toujours attendre ».   Face, par ailleurs, aux risques que font courir les narcotiques à la population juvénile en particulier, l’intervenant estime qu’il faut toujours « maximiser » ces derniers en prévoyant que « le pire peut survenir ». Des dangers potentiels que peut, d'autre part, représenter l’usage déviant des réseaux sociaux par les jeunes, le président de la FOREM constate que la cybercriminalité prend de l’ampleur, une situation qu’il explique par l’oisiveté d’un grand nombre de membres de la population juvénile, résultat notamment de la déperdition de l’école, dont il précise qu’elle met à la rue quelque 200.000 enfants, chaque année.     


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