dimanche 13 mai 2018

Djemila Benhabib plaide pour la laïcité

Toute sa vie, Djemila Benhabib a fait de la lutte pour la laïcité un de ses chevaux de bataille. Invitée par le PLD (Parti pour la laicité et la démocratie), l’auteure de Ma vie à contre-Coran a évoqué son combat pour la laïcité, à travers son histoire personnelle. Pour l’essayiste, la première fenêtre de l’islamisation de la société commence à l’école «Je fréquentais l’école algérienne et on nous imposait, je me souviens, des récitations coraniques. Ces récitations coraniques, on ne les comprenait pas dans leur intégralité, pour autant, on pouvait décrypter des mots, et les mots étaient, bon…, hyper-violents. Le monde était vu comme une entité binaire, avec les bons/les mauvais, les croyants/les mécréants», rappelle-t-elle. Autre moment charnière évoqué par Djemila Benhabib : le code de la famille, adopté en 1984. Rebaptisé «le code de l’infamie» par les mouvements féministes, puisqu’il mettait en place une inégalité entre l’homme et la femme légalement unis et permettait au mari de répudier sa femme et d’être polygame. «Le code de la famille a été rédigé non pas sur la base du droit, mais plutôt à partir d’une base religieuse.», juge Djemila Benhabib qui estime que le «laboratoire de la violence a été la famille» pour les islamistes. Dans les années 1990, l’Algérie a vécu l’ouverture démocratique. «Nous en rêvions comme de la porte du paradis», affirme la lauréate du Prix Humaniste du Québec 2014. «Ce rêve s’est fracassé et nous avons sombré dans une décennie noire très violente qui a ciblé notre élite et affaibli notre Etat.» La raison de cet échec d’ouverture réside dans l’utilisation de l’islamisme à des fins politiques. C’est cet aveuglement que Djemila Benhabib condamne. Elle estime que «la tolérance des sociétés occidentales leur fait perdre le sens des réalités.»

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