mardi 10 avril 2018

Reprise des cours dans les ENS

Le mouvement des Ecoles nationales supérieures (ENS) s’est essoufflé. En grève depuis novembre 2017, une partie des étudiants a rejoint les bancs des écoles cette semaine. Le taux de reprise est évaluée «à 90%», a précisé, hier, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, en marge de l’installation des commissions chargées de la carte et du projet d’établissement. La menace formulée par le ministre de «faire appliquer la loi» contre les grévistes a provoqué visiblement l’arrêt de la grève au retour des vacances. Intervenant le 17 mars dernier, en marge de la Conférence nationale des universités, M. Hadjar a signalé que «tout étudiant redoublant deux fois ne bénéficiera pas de recrutement au ministère de l’Education». Il a appelé les grévistes à «faire preuve de sagesse», signalant que la grève illimitée était «contraire aux règles juridiques régissant l’action syndicale». Touchant d’abord les étudiants en fin de cycle, la reprise a concerné une partie des élèves des premières années. La démobilisation s’explique par le spectre d’une année blanche et d’exclusion des étudiants en fin de cycle, mais aussi par l’absence de résultats après cinq mois de grève. «J’ai toujours été pour la grève. J’ai participé aux marches, aux rassemblements. J’ai été présent durant les cinq mois de grève… Aujourd’hui (dimanche), j’ai repris les cours parce que les meneurs de cette grève ne font rien. Ils ne sont pas actifs», s’indigne un étudiant de l’ENS de Bouzaréah, où la reprise a concerné, précise-t-il, une partie des normaliens, «les élèves en fin de cycle et une minorité de ceux des autres années». Exclusion d’étudiants Le retour à la normale n’a pas concerné toutes les ENS, puisqu’une partie des étudiants de l’ENS Assia Djebar de Constantine campent sur leurs positions de boycotter les cours. La solidarité avec deux délégués exclus expliquerait la décision des grévistes. «Notre exclusion a été décidée lors d’un conseil de discipline convoqué deux jours avant les vacances. L’école a été fermée par tous les étudiants, mais l’administration a décidé d’exclure deux étudiants», regrette le représentant des étudiants, Anouar El Hadi Noui. L’étudiant et son collègue attendent les résultats du recours déposé devant le conseil scientifique de l’établissement. «Nous attendons l’affichage de la date pour aujourd’hui ou demain», précise M. Noui. La grève des onze ENS du pays a concerné principalement l’embauche des normaliens. Les grévistes ont sollicité l’engagement du ministère de l’Education nationale à procéder à leur recrutement dans leur lieu de résidence après la fin de leur formation, conformément à l’article 4 du contrat qui les lie aux ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale. Après d’infructueuses négociations avec leur tutelle (Enseignement supérieur), les représentants maintiennent leurs revendications pour les actuelles promotions (33 000 étudiants parmi lesquels 5000 diplômés pour la rentrée), mais proposent de changer le régime à partir de l’année prochaine. Au ministère de l’Enseignement supérieur, on explique que le rattrapage des cours perdus se fera normalement. Les enseignants «trouveront le moyen de rattraper les cours», signale une source au ministère.

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