mercredi 18 avril 2018

Les résidents menacent de durcir leur mouvement

Les délégués du Camra estiment que leur tutelle «veut gagner du temps» pour faire adopter le projet de loi sanitaire qui sera présenté dimanche prochain à l’APN. Les résidents en sciences médicales menacent de durcir leur mouvement. La rencontre qui a réuni,  lundi dernier, des délégués et l’inspecteur général du ministère n’a pas permis de parvenir à un accord. Réunis au lendemain de cette rencontre, les délégués ont décidé de reprendre leurs actions de protestation dans les prochains jours. «Nous allons opter pour le durcissement du mouvement à travers des actions de protestation, des tournées et toutes les mesures comme la démission collective pour montrer notre détermination. C’est notre moyen pour dénoncer le manque de propositions concrètes du ministère de la Santé et le silence du ministère de l’Enseignement supérieur», s’indigne, dans une déclaration à El Watan, Taileb Mohamed, porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra). La dernière rencontre a été l’occasion de revenir sur les dernières propositions du ministère contenues dans une déclaration soumise aux résidents. Le département de Hasbellaoui a réitéré sa demande de gel de la grève avant discussion de la plateforme de revendications. «Nous avons appelé les étudiants à geler la grève et à reprendre leur activité. Nous avons pris des engagements au niveau du ministère pour la poursuite du dialogue. Tous les points contenus dans la plateforme seront étudiés pour trouver des solutions», a déclaré, à la sortie de la réunion l’inspecteur général au ministère de la Santé et membre du comité de dialogue, Omar Berdjouane. Il a précisé également que le service civil à 1 ou 2 années «a été élargi à 80% des régions contre 40% seulement auparavant». «Engagements non contraignants» Il a souligné également qu’une généralisation à l’ensemble des régions du pays écartera le service civil de son objectif fondamental, à savoir la répartition  équitable des compétences et la garantie d’une couverture sanitaire globale à tous les citoyens à travers l’ensemble du territoire national. Les délégués du Camra estiment que le ministère «veut gagner du temps» pour faire adopter le projet de loi sanitaire qui sera présenté dimanche prochain à l’APN. Le point litigieux, lié à l’abrogation du caractère obligatoire du service civil, devrait y figurer, soutiennent-ils, sous sa forme actuelle. «Le ministre de la Santé a parlé une dizaine de minutes avant de partir examiner, dans un autre étage, la loi sanitaire. Le ministère de la Santé veut une chose : gagner du temps pour faire passer le projet de loi sanitaire. Nous n’avons pas accès à ce projet, mais nous avons eu connaissance que le texte n’apportera rien de nouveau sur le service civil. L’article 205 de la loi se réfère à la loi 84-10 sur le service civil. Il n’y aura aucun changement dans le nouveau texte», regrette le Dr Taileb. La dernière séance consacrée à l’étude des propositions du ministère n’a pas permis de convaincre les grévistes sur «le caractère obligatoire» des engagements du ministère contenus dans un PV non signé par le premier responsable du secteur. «Les propositions faites par le ministère n’ont aucune force juridique qu’on pourrait opposer aux directeurs des établissements. Les personnes peuvent promettre des solutions, mais ces mêmes personnes peuvent être changées, être limogées, disparaître,…il n’y a aucune garantie», s’offusque le porte-parole.  

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