samedi 7 avril 2018

Les raisons de l’échec du dialogue

Le Camra dément le gel de la grève par des résidents en médecine dentaire. Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) a, lors d’une conférence de presse tenue hier à Alger par ses principaux délégués, détaillé les raisons de la poursuite de la grève enclenchée depuis plus de 5 mois. Le Camra a démenti, par la même occasion, le gel de la grève par des résidents en médecine dentaire. L’information du gel de la grève dans cette spécialité a été rapportée, hier, par les médias citant un membre du Camra. L’information «est totalement erronée», souligne le Dr Mohamed Taïleb, porte-parole du Collectif, se référant aux résultats du vote et aux décisions des assemblées générales concernant l’issue de ce mouvement de protestation, à travers lesquels la décision de la poursuite de la grève et du boycott des examens a été prise. Le conférencier a détaillé «les anomalies» contenues dans le document diffusé par le ministère de la Santé à l’issue de la réunion de dimanche dernier avec les représentants du Camra. Ce collectif estime que ce document ne peut être considéré comme le procès-verbal d’une réunion de conciliation, «tant il est amputé de propositions entières des résidents et ne comporte pas tous les détails de la rencontre», souligne le même médecin résident. «Alors que la réunion s’est terminée sur une promesse de révision totale du statut spécifique du médecin résident, le compte rendu officiel évoque, lui, une simple correction du statut et élude toutes les propositions fournies par les résidents», explique le conférencier. Le flou «reste également total», souligne le même résident, concernant la promesse faite par le ministre quant au déblocage de postes budgétaires pour 25 spécialités en sciences médicales non concernées par le service civil et dont les détenteurs de diplômes souffraient, par le passé, de chômage, faute d’emploi dans la Fonction publique. Le Dr Hadjab, résidente membre du Camra, a, dans son intervention lors de la même conférence, estimé que «finalement il n’y a pas eu d’accord sur le service civil, ni sur l’exercice dans le privé pour certaines spécialités. Les propositions fournies par le ministère ne comportent aucun changement par rapport aux dispositions actuellement en vigueur. C’est donc un retour à la case départ», déplore-t-elle. De même pour le logement, puisque, ajoute la même résidente, le ministère s’engage à faire respecter la législation déjà en vigueur concernant l’affectation des postes de résident avec logement, mais ne présente aucune garantie pour que ces dispositions soient appliquées sur le terrain, souligne le Dr Hadjab. La revendication liée aux plateaux techniques a connu le même sort. Le ministère «s’engage pour l’ouverture des postes de résidanat uniquement aux postes avec plateaux techniques complets», mais «sans aucune garantie d’application sur le terrain», soulignent les différents conférenciers. La proposition des résidents pour l’instauration d’une prime de location n’a pas eu d’avis favorable, révèle le Dr Hadjab. Les résidents estiment que le ministère n’a pas apporté de réponse convaincante concernant le regroupement familial, limité, selon eux, aux seuls conjoints issus du secteur médical et paramédical. Le Camra considère, en outre, que le point relatif au service militaire n’a pas eu de réponse viable. Le ministère propose la déduction de la durée du service militaire de celle du service civil. «Cette proposition est en contradiction avec l’organisation du service civil, dont l’objectif est de mettre fin aux déserts médicaux», soulignent les conférenciers. La discrimination est toujours en vigueur concernant la dispense du service militaire pour les personnes de plus de 30 ans. «Les médecins résidents sont traités au même titre que les insoumis», explique le Dr Hadjab. Le Camra considère que les résidents sont lésés et soumis aux contraintes du code du travail imposées aux fonctionnaires sans les privilèges dont jouissent ces fonctionnaires en libertés syndicales, par exemple. Côté avantages, les résidents sont considérés comme étant des étudiants et ne sont donc pas associés aux négociations. «Le gouvernement ne prend pas en compte le statut des résidents qui sont des médecins en cours de formation», soulignent les membres du Camra. Les résidents ont réuni des propositions de solution pour les différentes revendications. «Nous sommes disponibles pour le dialogue pour une vraie sortie de crise», souligne le Dr Taïleb.  

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