mercredi 18 avril 2018

Les mises en garde de Bouteflika

Dans le message adressé aux Algériens à l’occasion de la Journée du savoir, qui coïncide avec le 16 avril de chaque année, le chef de l’Etat a relevé que ces idées bien étrangères aux Algériens constituent une menace pour la cohésion nationale. «Assidûment et inlassablement, l’Algérie indépendante s’est attelée, tout au long de deux décennies, à la diffusion du savoir et de la connaissance à travers tout le territoire national. Une œuvre entamée dès le début de l’indépendance, en dépit du manque de moyens à tous les niveaux. Cependant, l’avènement de la mondialisation et des moyens de communication modernes ainsi que certains événements ayant secoué le monde musulman et de nouvelles idées, ô combien étrangères au peuple algérien, ont graduellement ébranlé notre cohésion idéologique et intellectuelle au point d’affecter la stabilité de l’Algérie et de la faire basculer dans l’enfer du terrorisme et les affres de la tragédie nationale», a-t-il averti et rappelle dans ce sillage les affres de la décennie noire. Il a affirmé que l’Algérie s’en est sortie en empruntant la voie judicieuse de la concorde civile et de la réconciliation nationale, «un choix inspiré de notre sainte religion et de la culture du juste milieu». Le chef de l’Etat a mis en avant, dans ce contexte, le rôle important que jouent les zaouïas dans la préservation du référent religieux national et la protection de la cohésion de la nation. «L’Algérie musulmane veille à l’encadrement et au soutien de l’action généreuse de notre peuple dans la propagation des mosquées, un travail encadré par l’Etat dans le cadre de la loi et appuyé par nombre de promotions de cadres des Affaires religieuses, formés dans les universités et diplômés des écoles coraniques, que veillent à animer nos augustes zaouïas qui ont été et demeurent une composante au service de notre religion et de la cohésion de notre société», a-t-il soutenu, estimant ainsi que «ces acquis sont tout à notre honneur en cette conjoncture régionale et civilisationnelle instable et dont les idées dangereuses ne nous ont pas épargnés». Le chef de l’Etat a insisté sur «l’unité du peuple algérien sunnite» qui est «confronté, aujourd’hui, à des idées qui nous sont complètement étrangères et à d’effrayantes thèses religieuses qui ont été, dans un passé très proche, source de fitna et pourraient encore l’être si elles ne sont pas appréhendées avec clairvoyance». Le président Bouteflika semble ainsi parler, entre autres, du courant wahhabite, incarné par cheikh Ferkous, qui est allé tout récemment jusqu’à «exclure» une partie des Algériens de «la sunna». Cette mise en garde du chef de l’Etat sera-t-elle suivie d’actes sur le terrain ?

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