mardi 17 avril 2018

Les libertés menacées

Champ politique verrouillé à double tour, mouvement associatif tétanisé et espaces d’expressions rétrécis… Le quatrième mandat du président Bouteflika, qui arrivera à son terme dans une année, a été surtout catastrophique en matière de respect des libertés. Contrairement aux promesses faites par les promoteurs de cette quatrième mandature – le chef de l’Etat n’avait pas fait campagne en raison de sa maladie –, la situation s’est aggravée, de l’avis de tous les observateurs de la scène nationale. Même les principes énoncés par la Constitution amendée en 2016 ne sont pas respectés. Pis, les tenants du pouvoir ont violé de manière ostentatoire tous les droits constitutionnels des Algériens qui… ne les soutiennent pas. Parmi ces droits, il y a celui de créer des partis politiques. Après la parenthèse de 2012 où le pouvoir a servi surtout sa clientèle, la création des partis politiques a été gelée de manière arbitraire. La dernière formation agréée est celle que préside Ali Benflis, en l’occurrence Talaie El Hourriyet. C’était en septembre 2015. Depuis cette date, aucun autre dossier n’a été validé. Le ministère de l’Intérieur ne donne aucune réponse aux personnes qui le sollicitent, les privant ainsi d’un autre droit, à savoir celui de saisir la justice comme le stipule la loi sur les partis politiques en vue de contester cet abus de pouvoir de l’administration. Plus d’une dizaine de nouveaux partis attendent que le pouvoir décide de libérer le champ politique fermé. La société civile n’a pas connu un meilleur sort. Les associations qui ne veulent pas marchander leur autonomie vivent, depuis 2012, une situation de blocage inédit. La plupart d’entre elles sont empêchées d’organiser leurs assemblées de mise en conformité avec la loi de 2012 et, par ricochet, ne peuvent plus activer librement. Celles qui résistent sont contraintes d’organiser leurs activités dans des locaux privés. L’espace public leur est interdit. Durant les quatre dernières années, les espaces d’expression se sont rétrécis gravement. L’administration ne tolère plus les marches, les rassemblements et les conférences. L’interdiction ne se limite pas seulement à la capitale. Elle est élargie, désormais, à tout le territoire national, où les services de sécurité sont, systématiquement, mobilisés pour empêcher, voire réprimer toute manifestation pacifique. Les syndicats agréés ont eux aussi été victimes de répression. En plus de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire pour casser les mouvements de grève, les syndicalistes sont souvent passés à tabac. Plus grave encore, les citoyens sont privés de leurs droits les plus élémentaires, ce qui anéantit tous les discours officiels sur la «promotion de la démocratie».                    

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire