dimanche 8 avril 2018

«L’entêtement du pouvoir mènera au pourrissement »

L e parti de feu Hocine Aït Ahmed craint le pire pour l’Algérie. Les prémices d’une explosion sociale, selon le 1er secrétaire du FFS, sont omniprésentes et si les pouvoirs publics persistent dans leur logique «d’entêtement» et «de mépris», la situation risque d’échapper à tout contrôle. Hier, lors d’une journée-débat, organisée au siège du parti à l’occasion de la commémoration du 31e anniversaire de l’assassinat de l’avocat Ali Mécili et intitulé «Pour les libertés syndicales et les droits humains», Hadj Djilani, le 1er secrétaire du FFS, s’est attardé sur l’effervescence que connaît actuellement le front social. De son avis, lorsqu’un pays vit des situations répétées de grèves, de manifestations de rue, de non-respect des autorités et des institutions, il devient de plus en plus difficile de contenir «sa généralisation» par «la répression». «La répression sociale se propage et si rien n’est fait, elle prendra une dimension politique dès lors qu’elle touche tous les segments de la société. Arrive alors le moment où ni la force ni l’argent ne pourront contrer ces mouvements et leur convergence, pour aboutir à un renversement plus ou moins violent de l’ordre établi», avertit Hadj Djilani, affirmant que les expériences ont montré qu’un régime non démocratiquement élu avec un Etat non respectueux des droits politiques, économiques, sociaux et culturels de son peuple, est condamné de brève échéance. Pour le FFS, le reniement par le régime de l’Etat social pour tous risque d’entraîner un cycle de violences ou de répressions. Un tel scénario peut déboucher, craint Hadj Djilani, non pas sur la fin de ce régime et un changement de son système de gouvernance, mais sur une reprise autoritaire accentuée du pouvoir, reportant sine die l’instauration d’un Etat de droit démocratique. Le FFS, qui dit militer pour le droit d’avoir des droits, pense qu’il est impérativement nécessaire d’anticiper cette perspective en continuant à lutter pacifiquement, et ce, malgré les provocations, les blocages et les campagnes de dénigrement. Le plus vieux parti de l’opposition ne cesse de rappeler que la crise multidimensionnelle politique, économique, sociale et environnementale que vit le pays nécessite une approche globale, ajoutant que le projet de consensus national offre un cadre approprié pour le traitement systématique de la question sociale intimement liée à la politique et à l’économie, et pour le FFS, l’avènement de la deuxième République est la vraie alternative pour asseoir la stabilité et la cohésion nationales. Le 1er secrétaire du FFS estime qu’il y a un problème de légitimité des institutions qui ne date pas d’aujourd’hui. «Le peuple algérien postindépendance n’a pas exercé librement son droit à l’autodétermination. Les élections n’ont jamais permis l’émergence d’institutions réellement démocratiques, représentatives de la population, et avec le régime en place les prochaines élections ne seront pas indépendantes», tranche le premier responsable du FFS, persuadé que la crise sociale a pour cause première le statu quo politique. De ce fait, le dialogue mené par le gouvernement, sans l’engagement des acteurs politiques et sociaux représentatifs, a ses limites car superficiel, partial et partiel.  

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