lundi 16 avril 2018

Le syndicat au cœur d’une affaire de surfacturation

Le secrétaire général du syndicat de l’entreprise Sider El Hadjar et l’indélicat fournisseur ETS-B, dont le registre du commerce serait radié, selon le Centre national des registres du commerce (CNRC), seront convoqués au terme de cette enquête pour répondre de leurs actes, dont la surfacturation et l’exercice d’une activité commerciale sans registre du commerce. Les services de sécurité ont été saisis, la semaine dernière, par des sidérurgistes du complexe Sider El Hadjar (Annaba), qui dénoncent un important trafic de consommable, avons-nous appris des enquêteurs. En effet, selon des documents dont El Watan détient une copie, le syndicat de l’entreprise, conduit par le secrétaire général Amouri Nourredine, membre du bureau d’achat (PMA), a conclu récemment un marché portant sur l’achat de tenues de travail pour les sidérurgistes. Selon les prix retenus dans les factures pour l’achat de ces dernières, le bleu de travail est cédé à 6500 DA l’unité, le gilet antifroid à 4000 DA et l’ensemble de pluie à 2200 DA. Or, des factures pro forma fournies dans ce dossier et vérifiées auprès des fournisseurs privés affichent respectivement 3300 DA, 2000 DA et 900 DA. Ce que confirment, sans aucune équivoque, les travailleurs. «Mieux, ces mêmes prix affichés dans vos factures sont appliqués par une entreprise tunisienne qui nous fournissait ces tenues, dont le dédouanement, le transport et la Tva sont inclus. Pis, la qualité de ces tenues est médiocre et ne répond pas aux normes exigées», dénoncent, documents à l’appui, les sidérurgistes. Ces derniers ont même distribué des tracts expliquant la supercherie et appelant les travailleurs à ne pas les porter. Le secrétaire général du syndicat de l’entreprise Sider El Hadjar et l’indélicat fournisseur ETS-B, dont le registre du commerce serait radié, selon le Centre national du registre du commerce (CNRC), seront convoqués au terme de cette enquête pour répondre de leurs actes, dont la surfacturation et l’exercice d’une activité commerciale sans registre du commerce. Cette rocambolesque affaire intervient, faut-il le relever, au lendemain du feu vert du Conseil des participations de l’Etat (CPE) pour le rééchelonnement bancaire à long terme de la dette du complexe Sider El Hadjar, d’un montant de 122,4 milliards de dinars sur 25 ans, avec une période différée de sept ans. Elle intervient aussi après l’accord du même CPE pour la réalisation d’une usine sidérurgique algéro-émiratie dont l’enveloppe s’élève à 1,16 milliard d’euros. Et pour noyer le poisson, le syndicat de l’entreprise de Sider El Hadjar a appelé les travailleurs à prendre part, mercredi prochain, à une assemblée générale dont le thème est l’augmentation salariale des travailleurs. Pour rappel, le partenaire social de Sider El Hadjar ne dispose pas de bilans financiers de son comité de participation (CP), et ce, depuis deux années.  

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