jeudi 19 avril 2018

Le nécessaire plan de sauvetage

Avec la dévaluation du dinar, la hausse continue du coût d’exploitation et d’entretien, le surplus d’emplois non productifs, et une flotte devant être rajeunie, Air Algérie traverse une situation financière difficile, malgré une hausse de 3% de son chiffre d’affaires enregistrée en 2017, et arrêté à 91 milliards de dinars. En dépit d’un chiffre d’affaires «en hausse», la situation financière d’Air Algérie reste très difficile, en raison de «la hausse» de ses dépenses. C’est ce qu’a affirmé, mardi dernier, le directeur commercial de la compagnie, Zouhir Houaoui, devant un parterre de députés, à l’occasion de la journée parlementaire sur le rôle du secteur des transports et de la poste et télécommunications, dans le développement de l’économie nationale. Avec une flotte de 59 avions, d’une moyenne de 10 ans d’âge, nécessitant un renouvellement et un renforcement, à moyen terme, la compagnie assure 43 destinations internationales à travers 26 pays, dont 16 européennes, 11 vers la  France, 9 vers les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, et 5 vers les pays africains. En 2017, la compagnie, qui emploie quelque 9000 travailleurs, a transporté 4,302 millions de passagers vers l’étranger, ce qui représente 67,5% de l’ensemble de ses dessertes, sachant que la destination française occupe 58% du volume des vols internationaux. Avec ses 29 dessertes locales, elle a transporté 1,972 million de voyageurs en 2016, soit 31% de l’ensemble de ses passagers. M. Houaoui, au nom du directeur général, affirme que la compagnie met 48% de ses vols au service du développement des dessertes locales, alors qu’elles ne constituent que 9% de son chiffre d’affaires, qui a enregistré, en 2017, soit 3% de hausse par rapport à 2016, puisqu’il a atteint  91 milliards de dinars. Sur l’activité de l’entretien, Houaoui a fait état des avancées dans ce domaine qui, selon lui, a enregistré un chiffre d’affaires de 297 millions de dinars, alors que les activités cargo et restauration ont généré un chiffre d’affaires respectif de 2,116 milliards de dinars et de 1,69 milliard de dinars, toujours en 2016. Le responsable fait remarquer à l’assistance que depuis 1997, date du passage à l’autonomie financière, la compagnie «n’a jamais bénéficié d’un quelconque assainissement financier, et que toutes ses dépenses ont été faites sur ses fonds propres». Ces efforts sont mis à rude épreuve par une situation financière «très difficile»,  explique l’intervenant. Les raisons sont liées «à la chute de la valeur du dinar qui a eu des incidences sur les investissements et les dépenses liées à l’exploitation, engendrant des dettes énormes, mais aussi d’autres facteurs, en lien avec le nombre d’emplois improductifs, la limitation des prix des billets sur le réseau interne, et les mouvements sociaux enclenchés par les organisations syndicales. Cette situation appelle à des mesures importantes à même d’aider la compagnie à se redresser et à se réapproprier sa place dans cet environnement très concurrentiel». Pour lui, il est «important de  réduire les coûts d’exploitation, d’intensifier la coopération avec les instances et entreprises partenaires, d’améliorer la communication avec les clients et de renégocier les conventions aériennes internationales» mais aussi «d’augmenter les capacités de vol», à travers un programme «d’acquisition de nouveaux avions» à l’horizon 2023. A ce titre, M. Houaoui a indiqué que la compagnie a obtenu, au mois de mars dernier, l’accord de principe pour le rééchelonnement de ses dettes. Ce qui lui permettra, a-t-il déclaré, d’entamer la mise en œuvre de son programme de développement 2019-2023. Il a également indiqué que le CPE (Conseil de participation de l’Etat) a donné son accord pour le paiement de l’indemnité du service public pour couvrir les pertes enregistrées dans le réseau domestique et l’exemption des taxes douanières appliquées aux équipements utilisés, notamment dans la maintenance des avions et autres équipements. Ces décisions, a-t-il expliqué, aideront la compagnie à faire face à la baisse de ses recettes, engendrée par une indemnité financière insuffisante dans le réseau interne, la chute de la valeur du dinar et le déséquilibre dans les conventions aériennes avec les compagnies étrangères. Le  responsable a évoqué également le renouvellement, à moyen terme, de la flotte, le renforcement des capacités de l’activité maintenance, l’entrée en service du centre principal de la nouvelle aérogare d’Alger, la numérisation des opérations administratives et des modes opérationnels et la formation des travailleurs. Autant de mesures, a-t-il conclu, prévues dans la stratégie de l’entreprise, qui sont nécessaires et urgentes à entreprendre pour que Air Algérie, puisse sortir de la zone de turbulences.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire