samedi 14 avril 2018

Le groupe RCD à l'APW propose une résolution

Le groupe des élus RCD de l’APW de Béjaïa a saisi oralement et officiellement, en plénière de la toute première session ordinaire de la nouvelle mandature, ouverte mercredi, le président de l’Assemblée pour l’adoption d’une résolution interpellant le directeur de l’entreprise portuaire (EPB) sur le blocage, depuis plus d’une année, du projet de l’usine de Cevital. La demande orale, lue par l’élu Réda Boudraâ, propose même le texte de la résolution consistant à demander au premier responsable de l’EPB «de procéder, et dans les meilleurs délais possibles, à l’accostage, le déchargement et la livraison des équipements de Cevital pour l’usine de trituration de graines oléagineuses». La résolution proposée inclut de demander au nom de l’APW «également au wali de veiller personnellement à l’exécution de cette résolution». En préambule, l’élu a fait l’amer constat que «la wilaya de Béjaïa est volontairement abandonnée par le pouvoir central». A l’ordre du jour de cette session, la présentation du bilan des activités de la wilaya au titre de l’année 2017, qui n’est autre que le bilan du wali Mohamed Hattab qui vient d’être promu ministre de la Jeunesse et des Sports. L’élu considère que le cas du blocage du projet de Cevital doit aussi figurer dans ce bilan qu’il juge des «plus mitigés». Refus non justifié Prenant fonction de wali intérimaire, le secrétaire général de la wilaya, en présence de tout l’organe exécutif, a eu droit au rappel de la genèse de l’affaire, qui remonte au 26 mars 2017, lorsque l’EPB a refusé l’accostage et le déchargement d’un navire transportant des équipements destinés à l’usine toujours bloquée. «Les raisons invoquées par le directeur de l’EPB, à savoir la saturation de l’espace portuaire, ne justifient pas son refus», commente l’élu au nom du RCD, puisque le blocage continue malgré l’achat par Cevital d’un terrain à l’extérieur du port. Il est, à l’occasion, rappelé qu’au vu de cette acquisition, l’argument de la saturation devient caduc et que «le directeur général du port a l’obligation d’accoster le bateau et de décharger les équipements de Cevital». Au RCD, on ne pense pas moins que «toute attitude contraire irait à l’encontre du droit et des règlements et à l’encontre de la solution proposée par les élus de la région et constituerait une trahison à l’égard de la région et du pays». «L’EPB, en tant qu’entreprise de services portuaires, n’a aucune qualification ni aucune prérogative pour demander une quelconque autorisation concernant un investissement. Elle est là pour décharger les équipements uniquement. Elle ne peut donc se substituer aux services compétents de l’Etat en charge de la politique industrielle du pays», a déclaré l’élu en espérant un écho à la proposition de résolution de son parti. Mais, on en est resté là. La proposition n’a pas été soumise au vote des élus, le président de l’APW, M’henni Haddadou, a tout de suite répondu que l’Assemblée organisera «des assises sur l’investissement». «On abordera tous les projets bloqués et nous sortirons avec une résolution», a-t-il promis. Même si le cas Cevital, aux relents politiques, sera, de la sorte, noyé dans un tout bureaucratico-économique, le débat promet de révéler l’ampleur des opportunités gâchées et des énergies brisées qui freinent le développement de la wilaya. Autant pour l’engagement du président de l'Apw pour «ne ménager aucun effort pour accompagner les bonnes initiatives portées par les élus, les directeurs de l’exécutif, les investisseurs et la société civile», que pour l’appel du wali intérimaire à travailler «ensemble pour cette wilaya», le cas Cevital est une parfaite occasion pour joindre le geste aux «bonnes volontés».

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