dimanche 8 avril 2018

Le feu vert du CPE

C’est officiel. Le groupe Sider et Emirat Dzayer Group (EDG) ont eu l’aval, le 28 mars dernier, du Conseil de participations de l’Etat (CPE) pour la création en partenariat d’une société mixte 49/51, dont le coût du projet est estimé à 1,16 milliard d’euros (plus de 162 milliards de dinars). Financés à hauteur de 30% sur fonds propres et 70% par crédits bancaires à 3,5% d’intérêt, ce projet, dénommé Emirat Dzayer Steel (EDS), est installé au sein même du complexe Sider El Hadjar de Annaba. Le premier coup de pelle a déjà été donné. En matière d’emploi et de formation, ce partenariat permettra, selon sa fiche technique, le redéploiement de la totalité des effectifs de la société Sider tubes sans soudure (TSS), 400 agents actuellement ; la création progressive de 1670 nouveaux postes de travail directs, répartis sur 5 ans, et autant de nouveaux emplois indirects, avons-nous appris, en exclusivité, de sources autorisées proches du CPE. La concrétisation de ce projet passe par deux phases. «La première comprend le revamping de la ligne TSS (14 pouces) afin de passer d’une capacité de 30 000 t/an à 50 000 t/an. Le coût est évalué à 3 milliards de dinars (20 millions d’euros). Les délais de sa réalisation sont estimés à 14 mois. L’acquisition d’une ligne de laminés marchands d’une capacité de 300 000 t/an et d’un bain de galvanisation à chaud pour un coût global de 11 milliards de dinars (78 millions d’euros). Les délais de sa réalisation sont estimés à 16 mois. L’acquisition d’une ligne de tubes sans soudure pour la gamme de diamètres de 3 à 10 pouces, d’une capacité annuelle de 300 000 t et un coût global de 42 milliards de dinars (300 millions d’euros) et un délai de réalisation estimé à 20 mois», détaillent nos sources. Et d’ajouter : «Quant à la seconde, elle consiste en l’acquisition d’un module de réduction directe (DRI) d’une capacité de 2,5 millions t/an pour un coût global de 64,4 milliards de dinars (462 millions d’euros) et un délai de réalisation estimé à 36 mois. Le DRI produit de la matière première pour alimenter l’aciérie électrique. Le surplus sera commercialisé sur le marché national. L’acquisition d’une aciérie électrique d’une capacité de 1,5 million t/an de demi-produits (billettes, blooms, etc.), pour un coût global de 28 milliards de dinars (200 millions d’euros) et un délai de réalisation estimé à 24 mois. L’acquisition d’un laminoir pour la production de profilés moyens et lourds de la gamme des 80-320 mm d’une capacité de 600 000 t/an pour un coût global de 14 milliards de dinars (100 millions d’euros) et un délai de réalisation estimé à 24 mois.» Par ailleurs, plusieurs autres décisions, les unes aussi importantes que les autres, ont été validées durant la même séance. Il en est ainsi, entre autres, de l’accord du même CPE pour que les participations détenues par le groupe Imétal dans le capital du complexe sidérurgique Algérie Qatar Steel (AQS) de Bellara (Jijel), tout autant que celles du crédit du Fonds national d’investissement (FNI) soient transférées au profit du groupe Sider. Après son transfert en propriété au profit du groupe Imétal, l’EGS Hydra, qui dispose d’un terrain de 4,2 hectares dont la valeur foncière est 3,85 milliards de dinars, est revenue au giron du groupe Sider. Ces importantes décisions figurent parmi des résolutions du CPE, signées par le président de ce dernier, Ahmed Ouyahia, le Premier ministre. Selon ce document, dont El Watan détient en exclusivité une copie, le complexe Sider El Hadjar a également été renforcé par «la fusion par absorption de la filiale Tubes sans soudure (TSS)» et «le transfert du terrain d’assiette abritant l’usine au profit du complexe Sider El Hadjar». Contacté, Hichem Bammoun, le directeur de la communication au groupe Sider, confirme. «Le groupe Sider a permis à la wilaya de Annaba de recouvrer sa vocation de capitale de l’acier. En effet, outre le complexe d’El Hadjar, le groupe Sider a récupéré le méga complexe AQS Bellara, le patrimoine immobilier de l’EGS Hydra et l’important projet algéro-émirati EDS. Réunies, ces usines peuvent répondre aux besoins nationaux en produits sidérurgiques et assurer la souveraineté du pays en la matière. C’est un immense effort qui intervient en pleine crise économique. Pour ce faire, le ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi, a dû faire le ménage dans son département avant de passer au renforcement de ce secteur, dont les fruits sont aujourd’hui perceptibles. Pour ce faire, il s’est appuyé sur une équipe  de cadres compétents, dont ceux du capital marchand. Pour EDS, le secrétariat général de l’Union arabe du fer et de l’acier, dont le siège est à Alger, a joué aussi  un rôle discret, mais très efficace dans le rapprochement des industriels et politiques des deux pays», estime ce jeune cadre. Fort de ses expériences passées, le nouvel exécutif, notamment après le départ des retraités du secteur du bâtiment au groupe Sider, semble privilégier des partenariats rentables et maîtrisés où la partie algérienne reste maîtresse de son sort.

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