mercredi 18 avril 2018

Le FCE et l’UGTA critiquent l’attitude de l’UE

Les déclarations critiques de la Commissaire européenne au Commerce au sujet de la politique économique protectionniste de l’Algérie passent mal chez le Forum des chefs d’entreprise (FCE) et l’UGTA. «Les signataires du pacte national économique et social expriment leur préoccupation à la suite de déclarations récurrentes de hauts responsables d’institutions de l’Union européenne sur les mesures engagées par l’Algérie pour faire face au déséquilibre important de la balance des paiements et au déficit budgétaire qui menaçaient sa souveraineté financière et économique», ont écrit l’UGTA et le FCE dans un déclaration commune, parvenue à notre rédaction. «A l’évidence, ces mesures de protection ne remettent nullement en cause la volonté de l’Algérie de consolider sa coopération économique avec ses partenaires stratégiques, dont l’Union européenne fait partie», ont-elles assuré. Cependant, «eu égard à la conjoncture qui peut produire des conséquences graves sur l’économie nationale, il nous paraît que nos partenaires devraient plutôt appuyer les efforts de  l’Algérie tant les réformes introduites sont de nature à renforcer ses performances économiques, et, de façon corollaire, à intensifier le volume de sa coopération internationale», lit-on dans la même déclaration.  Les deux organisations ont jugé qu’il «est nécessaire de souligner que la montée des protectionnismes dans de nombreux pays dits développés et industrialisés n’a pas provoqué de réactions de cette nature». A ce titre, l’UGTA et le FCE ont soutenu que «les actions entreprises par l’Algérie  pour protéger son économie ne relèvent nullement d’une volonté de restreindre les échanges commerciaux, mais de mieux maîtriser les importations, précisément dans le cadre de son redéploiement économique». «L’Algérie, faut-il le rappeler, a toujours été un partenaire fiable dans ses relations économiques bilatérales et multilatérales pour lesquelles elle a constamment plaidé pour l’application du principe gagnant-gagnant», ont conclu les rédacteurs de ladite déclaration. Mardi dernier, la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a estimé, que l’Algérie ne respectait pas son accord commercial avec l’UE découlant de leur accord d’association conçu en 2005, lui reprochant des pratiques qui favorisent les intérêts de la Chine. « Plusieurs démarches ne sont pas en conformité avec nos accords de libre-échange (…) et favorisent la Chine (…) Il faut qu’on trouve des solutions, sinon il faudra évoquer dans l’accord les clauses de règlement de différends (…) Nous sommes dans un échange de lettres et discussions avec les autorités algériennes à ce sujet, il y a un dialogue», avait-elle estimé devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française. Aucun officiel algérien n’a encore réagi aux propos critiques de la représentante de l’UE. Confronté depuis 2014 à l’érosion de ses réserves de change et à la hausse de ses déficits, le gouvernement a multiplié les mesures pour rééquilibrer la balance commerciale. Dernière mesure en date, l’établissement d’une liste de près d’un millier de produits interdits d’importation. Ce dispositif remplace le système de licence d’importation introduit il y a de cela 2 an, jugé inefficace et bureaucratique.  

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