mercredi 18 avril 2018

La confédération pour juillet

Le front social est en ébullition. Ces derniers mois, des grèves ont paralysé les secteurs de l’éducation et de la santé. Si un arrangement laborieux a été trouvé dans le premier, ce n’est toujours pas le cas pour le second.   Les médecins résidents en sciences médicales, organisés en collectif autonome, ont décidé de poursuivre leur mouvement «jusqu’à satisfaction de leurs revendications». La dernière sortie de Ouyahia laisse entendre que le gouvernement adopte la même politique face aux revendications sociales : la sourde oreill. «Le gouvernement ne veut pas céder. D’ailleurs, pour faire aboutir nos revendication, on compte occuper à nouveau le terrain de la protestation dès la prochaine rentrée», annonce Idir Achour, porte-parole du CELA et membre de l’Intersyndicale de la Fonction publique. «Les pouvoirs publics ne cherchent pas l’apaisement à un moment où l’Algérie a besoin de paix. Pour se convaincre de la persistance de cette politique, il faut écouter les déclarations du ministre du Travail», estime de son côté le président du Satef, Boualem Amoura, lui aussi adhérent de l’Intersyndicale. Pour ces deux syndicalistes et leurs collègues de la Fonction publique, «il n’y a ni dialogue sérieux, ni volonté de répondre aux revendications des syndicalistes». Les mêmes dossiers litigieux seront sur la table durant les prochains mois. Et les solutions espérées ne sont pas, à en croire les syndicats, pour demain. «Le projet de révision du code du travail est toujours en stand-by. Il y a un risque que les autorités le fassent adopter durant les vacances d’été. Le pouvoir d’achat et la question salariale ne trouvent pas de solution. Pire, sur le dossier de la retraite, les autorités veulent aller encore plus loin en  allongeant à 65 ans l’âge de départ à la retraite et en augmentant considérablement le nombre d’années de cotisation…», détaille le porte-parole du CELA. Face au mécontentement social, les pouvoirs publics, à court de moyens financiers, ont décidé d’opter pour la répression. Le dernier sit-in organisé le 4 avril à Bouira à l’appel de l’intersyndicale de l’éducation a été réprimé. «Finalement, l’interdiction des manifestations, ce n’est pas seulement Alger, comme on nous l’a toujours dit, mais tout le territoire national», regrette le président du Satef.  Pour ce syndicaliste, les autorités n’ont qu’à répondre favorablement aux revendications des syndicats pour favoriser l’«apaisement du front social». «Le pouvoir préfère toujours répondre par la sourde oreille à nos revendications. Pourtant, la solution est simple : s’asseoir autour d’une table. Les solutions aux problèmes posée existent, mais le pouvoir ne veut pas de solutions qui lui viennent de l’extérieur», constate Amoura. Les syndicats comptent concrétiser leur projet de confédération, malgré les «restrictions» sur les libertés. Après la rédaction des statuts, ils comptent organiser l’AG constitutive de cette centrale «avant juillet prochain», annonce Achour, qui précise que des «arguments juridiques» seront alors entre les mains de ses membres pour s’organiser face à un éventuel refus du ministère du Travail. Pour Amoura, élection présidentielle ou pas, les syndicats «assumeront et assureront leur rôle» pour faire aboutir leurs revendications.

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