jeudi 12 avril 2018

La Chine, premier fournisseur depuis cinq ans

Les autorités algériennes sont accusées par l’Union européenne de favoriser la Chine dans ses relations économiques et commerciales. Les restrictions décidées par l’Algérie en matière d’importation ont fini par irriter le traditionnel partenaire européen qui menace d’évoquer les clauses de règlement de différend contenues dans l’Accord d’association qui le lie à l’Algérie. Dans le détail, l’accusation de «favoritisme» à l’égard de la Chine n’est pas démontrée ni explicitée par la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström. Le différend naissant serait donc vraisemblablement lié au volume, de plus en plus important, des exportations chinoises vers l’Algérie, alors que celui provenant de l’Europe ne cesse de reculer. Il faut dire cependant que ce constat ne date pas d’aujourd’hui, puisque la coopération sino-algérienne a dépassé la collaboration de l’Algérie avec l’UE depuis déjà 2013. Selon les données des Douanes algériennes, la Chine est parvenue, dès 2013, à devancer la France, qui avait occupé pendant des années la première place sur le podium des principaux fournisseurs de l’Algérie. Sur cinq années consécutives, soit jusqu’en 2017, l’ancien Empire du Milieu a préservé cette place, avec des exportations atteignant, l’année dernière, plus de 7 milliards de dollars, ce qui représente plus de 19% des importations totales de l’Algérie, et une augmentation de 4,9% par rapport à 2016. Les marchandises importées concernent notamment les biens de consommation courante (thé, vêtements, articles de maison, petit électroménager, smartphones, jouets...) mais aussi des équipements et autres matériels destinés à la fabrication industrielle. Négligeables avant les années 1990, les échanges économiques entre les deux pays ont connu, faut-il rappeler, un développement rapide dans les années 2000, notamment à travers l’importation de produits manufacturés chinois en Algérie et la participation d’entreprises chinoises à des projets dans le secteur de la construction. De l’avis de certains économistes, ces relations s’inscrivent dans «la dynamique générale de l’expansion économique chinoise en Afrique, avec comme principal atout, celui de répondre aux besoins pressants des pays et sa contribution à la croissance de leur PIB». Le cœur de la compétitivité de la Chine est «ses ressources financières et les capacités technologiques des entreprises chinoises qui permettent à la Chine de remporter des mégaprojets et de les livrer à temps selon les normes internationales», font remarquer les économistes. Il faut dire aussi que les entreprises chinoises ont rapidement ajusté leur stratégie en s’adaptant à la règle des 51/49% et n’ont pas hésité à participer massivement à des joint-ventures avec des partenaires algériens publics et privés, profitant par la même des avantages fiscaux prévus en matière d’investissement. La Chine ne fait donc pas seulement de bonnes affaires commerciales avec l’Algérie, puisque ses entreprises, près de 1000 entités, sont également, depuis plus d’une décennie, les premières bénéficiaires des gigantesques programmes d’investissements publics lancés par le gouvernement. Elles ont ainsi quasiment tout raflé, notamment dans le secteur du BTPH, à l’image du mégaprojet du port commercial en cours de construction à Tipasa, avec un financement chinois de 3,3 milliards de dollars. Il convient de noter toutefois que la Chine, 14e client de l’Algérie, exporte beaucoup mais importe très peu de produits algériens. Le constat fait sur le déséquilibre de la balance commerciale entre les deux pays a amené les pouvoirs publics à appeler les entreprises chinoises à investir davantage dans d’autres domaines, dont l’agriculture, l’industrie et les services.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire