jeudi 12 avril 2018

Des candidats recalés crient au scandale

Après la grave dérive dans les résultats du concours d’admission au professorat en 2016 en psychiatrie, l’examen national de maîtrise dans la même spécialité, qui s’est déroulé le 1er avril à l’hôpital Mustapha Pacha à Alger, «est également entaché d’irrégularités et de nombreuses anomalies», selon les candidats qui ne comptent pas se taire. D’ailleurs, les premiers recours ont été déposés hier au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. «La magouille est flagrante. On ne peut pas se taire face à ce favoritisme de la part de membres du jury. Les candidats se connaissent et on connaît le niveau de chacun. Les sept premiers sortants sont, comme par hasard, les éléments des membres du jury et le major de promotion est l’élève du président du jury. C’est trop flagrant. Les candidats recalés se retrouvent avec des annotations erronées. Par exemple, un des candidats a eu un zéro sur 10 pour l’activité de santé, alors qu’il assurait la chefferie d’unité dans un grand établissement où il effectuait ses consultations régulièrement. D’autres ont été également injustement notés, en l’occurrence sur l’activité scientifique, alors qu’ils n’ont pas moins de six publications contrairement à ceux qui ont été admis. La surprise est également la candidate de Annaba qui s’est aussi vue recalée alors que tout le monde connaît ses compétences, comparativement à ceux qui ont été favorisés malgré leur incapacité à répondre à certaines questions des membres du jury. Une candidate est carrément passée à côté du diagnostic d’une dépression, alors qu’une autre est sortie sans pourvoir terminer son exposé. Ces deux candidates sont pourtant bien classées parmi les 20 lauréats correspondants aux postes ouverts par la tutelle C'est injuste», s’indigne un candidat recalé qui s’est adressé à nous. Et d’ajouter : «On croyait que les choses avaient changé depuis 2016 suite à l’affaire du concours de professorat qui a défrayé la chronique et qui reste une tache noire dans l’histoire de la psychiatrie en Algérie ; malheureusement, c’est toujours pareil. Mais, il faut signaler que dans cette épreuve il y a des enjeux, en l’occurrence l’occupation des postes, lesquels sont déjà affectés selon les affinités des uns et des autres. Une manière de se préserver et de se maintenir», a-t-il dénoncé. Et de regretter que les candidats aux différents concours demeurent «les otages des conflits entre professeurs qui ne jurent que par les comptes à régler entre eux. C’est malheureux pour nous qui croyions investir dans la recherche et faire avancer la psychiatrie en Algérie. Ce qui décourage de plus en plus les jeunes médecins à faire carrière dans la santé publique et l’hospitalo-universitaire». A noter qu’une vingtaine de postes répartis sur les différents services de psychiatrie au niveau national sont ouverts pour cette année. La répartition semble difficile puisque dans certains centres un seul poste est ouvert. «Ce qui doit revenir dans la logique à des professeurs chefs de service qui sont membres du jury, voire président à un praticien de leur service.» Pour le président du jury, le Pr Tayeb Benathmane, les candidats ont été évalués en toute objectivité sur la base des grilles élaborées par la faculté de médecine : «Les membres du jury ont noté les candidats avec toute objectivité et selon le mérite. Aucun candidat n’a été lésé. Il n'y a pas de candidats sur commande comme cela se faisait dans les années précédentes. Maintenant, ceux qui estiment avoir été lésés ont droit au recours et leurs dossiers seront traités en toute objectivité.» A noter qu’une soixantaine d’assistants en psychiatrie ont postulé à ce concours, mais seulement 51 candidats ont concouru pour une vingtaine de postes au niveau national.                      

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