mardi 17 avril 2018

Climat des affaires : Des progrès insuffisants

La relance de l’investissement et la dynamisation de l’entrepreneuriat dépendent d’un climat favorable aux affaires. Le passage d’une économie dépendante des hydrocarbures vers une économie davantage orientée vers des processus de diversification nécessite une levée des contraintes entravant l'essor de l'entreprise et de l'investissement, au triple plan des procédures, des délais et des coûts. Le classement déplorable de l’Algérie dans les différents rapports d’organismes internationaux qui s’intéressent aux climats des affaires dans le monde montre que les améliorations souhaitées par les investisseurs dans ce domaine ne sont toujours pas à la hauteur des défis à relever en ces temps de crise. Pour l’année 2017, le classement annuel Doing Business de la Banque mondiale sur la facilité à «faire des affaires» place l’Algérie à la 166e position, sur 190 pays étudiés, avec un recul de 10 places par rapport à 2016. Ce classement donne une mesure supplémentaire du climat des affaires dans notre pays et renseigne, surtout, sur les domaines où des progrès doivent être accomplis pour donner aux entreprises le cadre indispensable pour croître et prospérer. Créer sa propre entreprise dans le pays relève toujours du parcours du combattant, par le fait qu'il faut passer par de nombreuses procédures qui coûtent beaucoup de temps et d'argent. Pas moins de 12 procédures, nécessitant 22 jours et un coût représentant 11,1% du revenu par habitant, sont nécessaires pour créer une entreprise. Sur ce point, l’Algérie est classée à la 145e position par l’organisme de la Banque mondiale. Mais aux yeux des pouvoirs publics, qui tiennent rarement compte des constats faits par les organismes internationaux, le climat d'investissement en Algérie est en «constante amélioration», au regard des mesures prises par le gouvernement pour faciliter la tâche aux investisseurs, nationaux et étrangers. Le gouvernement met en avant, à ce propos, le nouveau dispositif de soutien à l'investissement qui gère le domaine de l'investissement en Algérie depuis 2016, affirmant que ce dernier s'appuie sur les principes d'assurer la sécurité et d’octroyer des garanties aux profits de l'investisseur, en général, et à l'investisseur étranger, en particulier. Parmi les mesures prises en ce sens, l’on cite l'annulation des lois à effet rétroactif et la possibilité de cession d'actifs, ainsi que la garantie du transfert des profits, outre la protection contre la confiscation administrative. Concernant la règle 51/49 adoptée par l'Etat dans les partenariats avec les étrangers, le gouvernement affirme toujours que celle-ci «n'entrave en aucune façon l'opération d'attirer les investissement, après avoir éclairci ses dimensions réelles». Cette règle est maintenue pour «préserver la souveraineté du pays et protéger l'économie nationale avec ses deux secteurs, public et privé», soutient le gouvernement. Il n’en demeure pas moins que les partenaires économiques de l’Algérie jugent toujours insuffisantes les mesures prises concrètement pour améliorer le climat des affaires en Algérie. Selon l’attaché à l’économie et aux finances à la délégation de l’Union européenne en Algérie, Zé Alvès-Pereira, «la captation des investissements directs étrangers doit être un enjeu majeur des autorités algériennes. Mais il faut créer des conditions attractives, notamment le cadre légal fort, simple, clair et libre des bureaucraties inutiles, libre des extraits de naissance qui ralentissent la naissance des entreprises».

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