lundi 16 avril 2018

30 minutes de pluie provoquent l’apocalypse

De nombreux quartiers ont été isolés, nécessitant l’intervention des équipes de la Protection civile pour pomper l’eau là où les voies étaient obstruées, notamment au centre-ville et dans les quartiers populaires. La ville de Batna offrait samedi une image apocalyptique. Un ciel noir saturé et des pluies torrentielles accompagnées de grêle ont failli avoir raison de la ville en très peu de temps ! 30 minutes ont suffi, en effet, pour transformer la ville en une immense mare. De nombreux quartiers ont été isolés, nécessitant l’intervention des équipes de la Protection civile pour pomper l’eau là où les voies étaient obstruées, notamment au centre-ville et dans les quartiers populaires Douar Diss, Zemala, El Madbaha, Parc à fourrage, et la route Tazoult. Au centre-ville, les piétons surpris par l’orage s’étaient abrités précipitamment sur les marches des magasins puisque même les trottoirs étaient submergés par des eaux en furie. Les véhicules étaient presque pris au piège et tentaient tant bien que mal d’avancer tels des engins amphibies. Plusieurs personnes ont été forcées de retrousser leurs pantalons et, bravant la furia du torrent, sans hésitation, traversé la route pour répondre à l’appel de leurs familles qui luttaient contre les infiltrations. Ce sont des scènes récurrentes, observées hier par El Watan. En effet, plusieurs maisons subissaient des infiltrations à travers les portes pour celles du rez-de-chaussée et à travers les toits pour celles des derniers étages. Heureusement pour les automobilistes, les eaux, chargées seulement de grêlons, ne charriaient pas d’objets et de détritus, et ce, grâce aux efforts déployés par les services communaux, chargés de nettoyer les rues en vue de l’accueil du ministre de l’Intérieur : heureuse coïncidence ! Le centre-ville s’est donc transformé en un immense lac d’autant plus que les avaloirs, notamment du côté de la Verdure (l’un des quartiers du centre-ville), étaient complètement obstrués et que la dernière campagne de nettoyage protocolaire les avait négligés. Les habitants de Bouakkel et de Tamechit eux ont carrément reçu des trombes d’eau dans leurs maisons et ont dû évacuer tout ce qu’il pouvait. Sur la route de Tazoult (sortie est de la ville) c’était inimaginable : la chaussée a disparu sous la boue qui s’est déversée des hauteurs par défaut de boisement. A Djerma (15 km au nord de la ville), 7 familles ont été évacuées vers une salle de sport. Les habitants de Chemorra (à quelque 60 km au nord-est de Batna), eux, ont vécu le cauchemar ; une tornade de grande envergure a failli souffler tout le pâté de maisons sur son passage (des images vidéo circulent sur les réseaux sociaux à ce sujet). Sept maisons ont légèrement été touchées, mais il y a eu plus de peur que de mal. Dans la matinée d’hier, les discussions tournaient autour des causes de ces inondations et – chacun y allait de ses arguments –, pour la plupart, la cause essentielle est due au mauvais entretien de l’oued qui traverse la ville. Certains, en revanche, pointent du doigt les services de la commune qui ne seraient pas à jour quant au nettoyage des avaloirs obstrués à longueur d’année, alors que d’autres accusent les entrepreneurs de laisser derrière eux les gravats produits de leurs chantiers. Notons que les problèmes ont commencé tôt dans la matinée, puisque les lève-tôt ont été surpris par un black-out ! La wilaya de Batna était plongée dans le noir à cause d’une panne survenue sur les câbles de haute tension, selon un responsable de Sonelgaz, et ce n’est que vers 11h que l’électricité a été rétablie.

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