lundi 19 mars 2018

Quand les islamo-baathistes bloquent la réforme

Depuis la mise en place de la commission de la réforme du système éducatif en mai 2000, peu de chose ont été réalisées. Bientôt 20 ans de tergiversations qui bloquent l’avènement d’un enseignement de qualité. Aucun ministre de l’Education n’a fait face à autant d’hostilité de la part du courant islamo-baathiste que Nouria Benghabrit. L’école pourrait bien subir un autre cycle de perturbations après les vacances scolaires. L’idée fait déjà son chemin au sein de quelques assemblées générales du Cnapeste. Et qui s’en félicite ? C’est l’Association des oulémas musulmans algériens qui fait la promotion de ce probable mouvement de grève (3 jours par semaine) qui viendrait à secouer le secteur de l’éducation dès la reprise des cours début avril prochain. La guerre que livre cette association, dont les positions s’alignent sur le radicalisme du courant salafiste, contre les réformes de l’école se confirme de jour en jour. Les islamo-baathistes ne veulent rien d’autre que la tête de Benghabrit. Ils ont déjà retardé et parfois fléchi le cours de la réforme que d’aucuns pensent être salvatrice pour l’école algérienne et pour le pays. Ceux qui ne trouvent aucune gêne à envoyer leurs enfants étudier dans les lycées et les universités français ou occidentaux n’ont aussi aucune honte à préconiser un enseignement de rabais pour les enfants du peuple. Ce sont eux qui se jouent de l’avenir de nos enfants et delà de celui de l’Algérie. Est-il normal que les sciences naturelles et la physique soient reléguées au rang de matières secondaires dans l’enseignement moyen ? Sombre destin que cette caste d’illuminés veut imposer à la nation. Si la ministre de l’Education a réussi à placer quelques réformes touchant aux contenus des manuels scolaires, elle n’arrive pas à imprimer une meilleure cadence aux solutions que doit connaître de manière urgente le système éducatif. La réforme du bac, dans le fond et la forme, a été ajournée par leur faute. Elle devait avoir lieu en 2016. Plusieurs propositions ont été posées sur la table. Examen du bac en deux sessions, l’une pour les matières essentielles et l’autre pour les matières secondaires, la fiche de synthèse pour la prise en compte des efforts fournis par les élèves durant toute l’année et la révision des coefficients des matières, parce que le bac algérien est trop généraliste. Aucune de ces propositions n’a satisfait le courant islamo-baathiste moins inquiet par la qualité de l’enseignement que par la place qui reviendrait à la langue arabe, dont le volume d’enseignement et le coefficient sont plus importants ici en Algérie que dans tous les pays arabes. La ministre de l’Education, qui avait avoué que la société n’était pas encore prête pour une telle évolution, avait affirmé, pincement au cœur, que ladite réforme se fera graduellement en 2021. Que de temps perdu pour une école qui a pourtant besoin d’une thérapie de choc. Depuis la mise en place de la commission de la réforme du système éducatif en mai 2000, peu de chose ont été réalisées. Bientôt 20 ans de tergiversations qui bloquent l’avènement d’un enseignement de qualité. Des blocages maintenus par ceux-là mêmes qui ont inscrit leurs enfants au lycée Alexandre Dumas, à Alger, et dans les universités françaises et jouent devant le peuple aux gardiens de la morale et aux garants de l’identité nationale qui, à leurs yeux, seraient menacées par la modernisation de l’école algérienne. Ce sont ces promoteurs de la régression et de l’archaïsme qui, pullulant les plateaux de télévision et les colonnes d’une certaine presse inféodée à l’islamo-baathisme, veulent à tout prix maintenir l’école algérienne dans une autre forme d’indigénat. Un enseignement médiocre pour le peuple et une école de qualité pour les enfants «des seigneurs». C’est en fait à ce jeu que se laisse livrer, sans pourtant l’avouer, l’agitation du Cnapeste qui est en voie de prendre la décision de replonger le secteur de l’éducation dans l’incertitude.  

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