lundi 12 mars 2018

«L'intérêt est grandissant pour les énergies renouvelables en Algérie»

En visite en Algérie hier, le patron du conglomérat américain General Electric, John Flannery, a bien voulu nous accorder cette interview dans laquelle il revient sur les investissements de son groupe en Algérie. Un marché dans lequel GE est partie prenante depuis maintenant 40 ans. En Algérie, General Electric est surtout présent dans le domaine de la santé, à travers la fourniture de technologies aux structures hospitalières, dans l’énergie, énergies renouvelables comprises, ainsi que dans les transports à travers la fourniture de services, de technologies et équipements pour Air Algérie et la SNTF. John Flannery a tenu à être présent à l’occasion des 10 ans de présence directe de GE Healthcare en Algérie. Durant sa visite, le PDG de General Electric a rencontré les ministres de la Santé et de l'Energie et le PDG de Sonelgaz, partenaire historique de son groupe. - Peut-on connaître l’objet de votre visite en Algérie, un marché sur lequel General Electric est présent depuis plusieurs années déjà ? Quand j’observe les plus de 180 pays où nous travaillons, ce qui me frappe sont ceux où notre présence est étroitement liée à la croissance locale. C’est donc un grand honneur pour moi de rencontrer de hauts représentants du gouvernement et du monde des affaires, et nos partenaires qui sont à nos côtés depuis le début. Au-delà des plus de 700 personnes que nous employons, ou du fait que nous sommes présents en Algérie depuis plus de 40 ans, ce qui est remarquable est surtout la qualité des relations que nous avons nouées avec nos partenaires, et comment nous conduisons nos affaires chaque jour pour nous assurer que notre travail est lié à la croissance durable du pays et de son industrie. Nos investissements ne sont pas que tournés vers les affaires : nos partenariats accordent une grande importance à l’investissement dans le développement des générations futures. GEAT, notre joint-venture avec Sonelgaz, vient d’annoncer le lancement d’un programme intensif de formation visant le renforcement des compétences techniques de professionnels du domaine de l’énergie. Ajoutez à cela que GEAT collaborera aussi avec l’université de Batna pour concevoir un curriculum d’ingénierie pour le lancement prochain de l’Ecole nationale d’ingénierie, et vous obtenez une compagnie qui s’insère concrètement dans l’écosystème local. - En Algérie, le groupe General Electric est présent tant dans le domaine de la santé que dans l’énergie. Pouvez-vous nous parler de vos investissements en Algérie ? Notre travail en Algérie touche à plusieurs secteurs. Cela va de notre contrat historique avec Sonelgaz, à l’investissement de 36 millions de dollars pour créer Algesco en partenariat avec Sonatrach et Sonelgaz, au déploiement de plus de 4000 technologies de santé au sein des hôpitaux et cliniques, jusqu’à la fourniture de presque 70% des moteurs des avions opérant en Algérie. Nous sommes particulièrement fiers de GEAT, notre joint-venture avec Sonelgaz, que nous avons renforcée lors de cette visite par le lancement du programme intensif de formation avec le CMTC, auquel je faisais référence il y a quelques minutes. Cela représente un investissement d’environ 82 millions de dollars. Nous sommes aussi partenaires de la SNTF dans la rénovation de 12 locomotives GE, ainsi que la mise à niveau de 60 moteurs de traction. Nous fournissons des formations techniques et de leadership à nos partenaires, en plus de nos toutes dernières technologies. Ce qui me motive le plus est le futur de notre collaboration et comment nous pouvons tirer le maximum des investissements réalisés. Pour cela, le digital jouera un rôle fondamental. Les technologies numériques sont devenues partie intégrante de l’industrie. Elles ne remplacent pas les machines, mais contribuent plutôt à fournir à ces machines et à leurs opérateurs les meilleures données et les analyses les plus précises. Cela permet aux machines de mieux performer, et aux personnes qui les manipulent de prendre de meilleures décisions. - Quel regard portez-vous sur le marché algérien et quelles sont vos ambitions en matière d’investissement dans les prochaines années ? Notre présence en Algérie est déjà très marquée, et les opportunités se situent dans la parfaite mise en œuvre de ce que nous avons lancé, la fourniture de résultats exceptionnels, et l’assurance que notre présence soutienne le développement des compétences de la jeunesse algérienne. - La filiale énergies renouvelables de General Electric est très active à travers nombre de pays. Elle avait annoncé, il y a quelques jours, un projet de la plus grande ferme éolienne au monde qui sera implantée en France. Y aurait-il des projets de ce genre que vous souhaitez développer en Algérie ? Il est très encourageant de constater l’intérêt grandissant pour les énergies renouvelables, de même que la compréhension de leur apport au pays. Nous avons en Algérie une capacité installée combinée de plus de 370 MW. Nous avons aussi acquis la station de Beni Haroun (200 MW) à travers notre rachat des activités d’Alstom. L’importance des énergies renouvelables n’est pas dans sa capacité à remplacer les sources d’énergie conventionnelles, mais plutôt dans la recherche d’un équilibre entre les deux. - Pensez-vous que l’investissement dans les énergies renouvelables est un impératif, voire une urgence, à l’heure où le discours officiel aux Etats-Unis fait fi des appels pour lutter contre le dérèglement climatique qui touche la planète ? Les énergies renouvelables sont un élément-clé de notre stratégie. GE a connu dans ce domaine une croissance de 26% l’an dernier. Nos différents accords vont générer 8 gigawatts de puissance renouvelable à travers la fourniture de champs d’éoliennes en Suède, Australie, Thaïlande, Etats-Unis et dans la région du Moyen-Orient, Afrique du Nord et Turquie (Menat). Nous avons constaté en 2017 les changements induits par l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Bien que les énergies renouvelables soient là pour rester, il est aussi clair que le gaz et d’autres types de carburants demeureront importants. - Quelle a été la tendance des résultats financiers de General Electric à l’issue de l’année 2017 ? La plupart de nos activités ont connu des résultats solides, voire de niveau mondial dans le cas de l’aviation et de healthcare. Cela dit, nous avons eu quelques défis au niveau du cash-flow. Je voudrais être clair sur une chose : nos technologies résolvent les problèmes les plus complexes au monde. Nous soutenons et nous nous battons pour nos clients dans plus de 180 pays. Nous innovons et développons de nouveaux paradigmes, tels que dans la production additive (impression 3D) et les logiciels d’analyse. Nous lançons des produits leaders dans leurs domaines. Nous travaillons avec les standards les plus élevés d’intégrité et de conformité. Nous investissons dans nos leaders et dans le développement de talents mondiaux et diversifiés. Nos employés se dévouent chaque jour à remplir la mission de GE. - General Electric investit également beaucoup dans le digital et la numérisation, pouvez-vous nous en parler ? La transformation de GE en une compagnie industrielle digitalisée est un parcours vers un monde où les opérations physiques rencontrent des solutions numériques, produisant des données qui, à travers des analyses poussées, mènent à de meilleures décisions et actions. GE Digital développe des solutions qui soutiennent les entreprises à tous les niveaux de leur transformation digitale. Nous aidons les compagnies à aller au-delà de la simple automatisation vers des systèmes complètement autonomes, pilotés par des outils de tout premier plan. GE Digital possède un portefeuille incomparable de solutions pour permettre aux entreprises de saisir les avantages de l’internet industriel des objets (IIoT) et réaliser leur plein potentiel digital. Parmi ces solutions, je peux citer : Asset Performance Management, Field Service Management et notre plateforme Predix. La transformation digitale industrielle représente une transformation culturelle tout autant que technologique. Il ne suffit pas de «digitaliser» les opérations pour créer une transformation digitale. Cela survient lorsque des équipes entières laissent tomber l’ancienne mentalité industrielle de la suprématie du process («process-first»), pour la remplacer par une approche qui met les données au cœur de la réflexion («data-first»). Chez GE Digital, l’investissement dans nos talents a donné d’excellents résultats. Nos équipes formées collectent et analysent non seulement toujours plus de données, ce qui améliore les opérations, mais utilisent aussi les «insights» ainsi révélés pour mettre en œuvre de nouvelles idées et façons de faire plus rapidement que jamais, menant à d’incroyables gains de productivité.  

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