vendredi 16 mars 2018

La question de la semaine : Les pharmaciens d’officine respectent-ils les heures de garde ?

«Je voudrai pousser un énorme coup de gueule contre les pharmacies de manière générale et plus précisément contre cette loi qui obligerait les pharmaciens à fermer à 20h. Hier soir, pas une seule pharmacie ouverte entre La Pointe et Aïn Benian. A mon sens, il s’agit véritablement d’une mesure prise au détriment des gens qui souffrent. Je souhaite voir des voix s’élever contre cette mesure qui n’arrange pas le citoyen.» Alors qu’il existe un arrêté ministériel publié en 2014 qui fixe les horaires de fermeture à 19h, les gardes de nuit de 19h à 8h, les gardes des week-ends et des jours fériés de 8h à 20h, certains pharmaciens ont encore du mal à le respecter. C’est pour cette raison que le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) et la direction de la santé, de la population et de la réforme hospitalière de la wilaya d’Alger ont appelé les pharmaciens d’officine au respect des lois en vigueur fixant les horaires de garde pour les officines de pharmacie. Ahmed Benfares, pharmacien d’officine et président du Conseil de l’Ordre des pharmaciens dans la région de Blida explique : «Dans sa rédaction, cet arrêté n’a pas tenu compte des spécificités régionales ni de la diversité des conditions d’installation des pharmacies entre les pharmacies des villes et celles des banlieues qui sont dans des cités-dortoirs et dont le travail commence effectivement à partir de 17h. Cet arrêté n’a pas tenu compte non plus des malades qui consultent tard et de ceux qui rejoignent leur domicile à des heures assez tardives et qui souhaiteraient trouver leur pharmacie ouverte. La logique sanitaire va dans le sens de la fidélisation des malades à leur pharmacien pour un meilleur suivi.» Selon lui, toutes ces problématiques ont divisé les pharmaciens et expliquent pourquoi il y a eu des difficultés dans la mise en œuvre des dispositions de l’arrêté. C’est pour cette raison que des consultations se sont avérées nécessaires pour trouver un consensus entre l’application de la réglementation, l’intérêt des malades et ceux des pharmaciens qui ne devraient pas être lésés. Toujours selon notre interlocuteur, mettre de l’ordre est une excellente chose d’autant plus qu’il est tenu compte de l’intérêt de tout le monde. «Les spécificités régionales saisonnières et locales ont été retenues et des solutions applicables sont proposées. Ainsi la grande majorité des décisions prises, y compris celles dans la capitale, convergent vers la fermeture à 20h30 car il est estimé qu’à 20h30 tout le monde est chez soi et qu’il ne reste que les urgences qui sont assurées par les pharmacies de garde qui prennent le relais», explique Ahmed Benfares.

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