vendredi 9 mars 2018

Il faut dépénaliser l’avortement

- L’autorisation de l’interruption thérapeutique de grossesse est, selon le projet de loi de la santé, autorisé, même si rarement il nomme les actes implicitement. Quel commentaire faites- vous aujourd’hui ? Le projet de loi sur la santé n’apporte rien de nouveau dans le fait d’autoriser l’interruption thérapeutique de grossesse. Celle-ci est déjà admise dans le code actuel de la santé. Lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère, l’avortement est permis. Cette situation est confortée par le code pénal qui exclut toute sanction pénale pour cet acte permis en cas de mise en danger de la vie de la mère. Par contre, ce qui a été demandé, c’est que l’interruption de la grossesse soit permise en cas de viol. Les rédacteurs du projet doivent rajouter ce cas à celui qui, semble-t-il, autoriserait l’interruption en cas de grave malformation ou handicap sévère que présenterait l’enfant à naître. - Mais selon les activistes et les défenseurs des droits de la femme, il faut accompagner cette démarche d’une loi-cadre. Le code pénal doit suivre… Une loi-cadre qui organiserait quoi ? L’avortement ou les démarches à entreprendre pour obtenir l’autorisation de l’interruption thérapeutique ? Attention, il ne s’agit que de l’interruption thérapeutique et non volontaire. Le thérapeutique ou l’avortement thérapeutique va supposer un constat par les médecins du danger qu’encourt la femme, alors que l’avortement volontaire est laissé à l’appréciation de l’intéressée. Pour l’interruption thérapeutique de grossesse, les démarches sont connues de tous et toutes. Par contre, il faut dépénaliser l’avortement, le permettre, l’autoriser, ce qui éviterait les avortements clandestins mettant en danger la vie de la mère, car ils sont faits souvent dans des conditions désastreuses. Permettre l’interruption volontaire de grossesse ne veut pas dire augmentation des avortements. En Tunisie, l’avortement est légalisé et permis depuis 1963 et son utilisation est modéré. Il faut accompagner l’avortement volontaire si on autorise cet acte d’une campagne de sensibilisation à l’utilisation de la contraception. - Pensez-vous que cette nouvelle démarche, tant revendiquée pour la santé de la mère améliorera la situation particulièrement pour celles victimes de violences ? L’avortement thérapeutique est une réponse à l’état de santé de la femme qui souffrirait d’une grossesse à risque. Les médecins ont la responsabilité de le déclencher pour sauver la vie de la mère. Par contre, il faut alléger la procédure du déclenchement de cet acte. Lorsque la femme est victime de violence, elle doit être vigilante et utiliser la contraception pour éviter d’arriver à l’ultime décision à prendre et qui est celle d’arrêter sa grossesse.  

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