samedi 10 mars 2018

«Bouteflika est le vrai décideur»

Selon Lakhdar Brahimi, avec la mise à l’écart de l’ancien chef d’état-major, le général Mohamed Lamari (décédé en 2012), et du patron du DRS, le général Toufik, le chef de l’Etat «a prouvé qu’il est le Président effectif du pays». L’ancien chef de la diplomatie algérienne, Lakhdar Brahimi, affirme que le président Bouteflika a réussi à récupérer toutes ses prérogatives et «il est le seul décideur». «L’armée a eu un rôle politique depuis 1962. Elle avait un rôle officiel et un mot à dire en tant que partie prenante du système. Mais aujourd’hui, le vrai décideur est le président Bouteflika», déclare-t-il dans une interview accordée, jeudi dernier, au site arabophone Algérie diplomatique. Selon lui, avec la mise à l’écart de l’ancien chef d’état-major, le général Mohamed Lamari (décédé en 2012), et du patron du DRS, le général Toufik, le chef de l’Etat «a prouvé qu’il est le Président effectif du pays». «Il est (le président Bouteflika, ndlr) le chef suprême des forces armées. Et à travers sa décision d’écarter l’ancien chef d’état-major, Mohamed Lamari, et le chef du DRS, le général Toufik, il a jeté les bases d’un Etat civil. Il a prouvé qu’il est le président effectif jouissant de toutes ses prérogatives, ce que n’ont pas eu ses prédécesseurs», soutient-il. Ayant rendu visite au président Bouteflika plusieurs fois depuis son accident vasculaire cérébral (AVC), Lakhdar Brahimi rassure, à nouveau, sur son état de santé. «Le Président jouit de toutes ses facultés mentales et intellectuelles. Sa mémoire est très forte et c’est lui qui me rappelle, parfois, des dates et des personnes. Hormis sa voix éteinte, il est en bonne santé. Il gouverne, gère et suit les dossiers et les affaires du pays», affirme-t-il. Le diplomate, dont le nom a été cité à plusieurs reprises comme un probable successeur du président Bouteflika, coupe court aux rumeurs. «Je n’ai aucune ambition présidentielle, que ce soit dans le cadre d’une période de transition ou autre», lance-t-il. Donnant son avis sur la crise financière, Lakhdar Brahimi se dit «confiant quant à la capacité du pays de s’en sortir». «L’Algérie dispose des moyens humains et naturels lui permettant de sortir rapidement de cette crise. Il faut s’intéresser à l’agriculture, à la formation et à l’éducation», explique-t-il, avant de lâcher : «L’Algérie vit réellement une crise de gouvernance et d’organisation.» Frontières algéro-marocaines : «Le dossier ne dépend pas de Bouteflika» Interrogé sur la question de la fermeture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc, Lakhdar Brahimi souligne que ce dossier «ne dépend pas du président Bouteflika». «Je peux vous affirmer que le président Bouteflika, tel que je le connais, est un Maghrébin convaincu. Si cela ne tenait qu’à lui, il aurait déjà rouvert la frontière avec le Maroc, comme il aurait participé à la relance de l’Union maghrébine (UMA). Mais il a hérité de lourds dossiers concernant les relations entre les deux pays», souligne-t-il. Le diplomate réaffirme, dans le même sens, sa position personnelle favorable à l’ouverture de la frontière et à la relance de l’UMA «tout en sauvegardant l’intérêt du peuple sahraoui». «Dommage, l’UMA est bloquée et cela ne sert pas les intérêts des peuples de la région. Je suis toujours convaincu que la situation qui prévaut au niveau de la frontière entre l’Algérie et le Maroc est inacceptable», indique-t-il, précisant que la tendance actuellement dans le monde est à l’union au niveau des ensembles régionaux, comme c’est le cas de l’Europe.  

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