vendredi 9 mars 2018

400 chalets éradiqués dans un climat de tension

L’opération d’éradication des chalets se poursuit, mais à un rythme très lent dans la wilaya de Boumerdès. Hier, pas moins de 400 familles qui occupaient des chalets au lieudit Sahel, à l’entrée est de Boumerdès, ont été relogés dans des appartements neufs. L’opération a failli mal tourner en raison de «l’iniquité dont a fait preuve l’administration» lors de l’établissement de la listes des attributaires». «On a favorisé les célibataires au détriment de familles nécessiteuses. Les autorités ont toujours dit qu’un chalet n’équivaut pas un logement, or aujourd’hui on a distribué des logements neufs même à ceux qui ont obtenu des chalets de manière douteuse et à des gens aisés qui doivent être réorientés vers le LPP», dénonce un jeune sur les nerfs. Interpellé par certains exclus dont une femme en colère, le wali a rétorqué que l’Etat ne donne pas de logements aux «adeptes de l’anarchie», allusion à ceux qui ont érigé des baraques illicites à la place des chalets pour obtenir un appartement. L’opération de relogement d’hier porte à près de 4000 le nombre de chalets éradiqués depuis 2015. La wilaya compte encore plus de 8000 chalets répartis à travers 13 communes de la région. Contrairement aux promesses des autorités, le démantèlement de ces habitations en préfabriqué, qui rappellent les tristes souvenirs du séisme de 2013, risque d’être retardé encore une fois d’une année ou plus à cause du manque de crédits de payement. Ainsi, de nombreux projets de logements lancés dans les localités de Boumerdès, Zemmouri, Thénia, Bordj Menaïel, Naciria, Dellys accusent des retards dans la réalisation à cause du non-payement des situations financières des entreprises engagées. Pis, certains programmes d’habitat, bien avancés, attendent depuis deux ans d’être raccordés aux VRD pour qu’ils soient attribués, chose qui tarde encore à se faire faute de budgets. C’est le cas à Figuier (600 unités), Boudouaou (2200 + 1000), Bordj Menaïel (3100) ou encore à Thénia (700) où des centaines de familles occupent à ce jour des chalets très dégradés. Le wali a annoncé l’attribution de 800 appartements à Bordj Menaïel le 19 mars. Mais le site n’est doté d’aucune structure publique. Ce problème est relevé au niveau de toutes les cités qui ont été livrées ces deux dernières années. A Si Mustapha, il a fallu attendre deux ans pour lancer la construction d’une école primaire et d’un CEM près de la cité des 1588 logements, occupée majoritairement par des familles qui habitaient des bidonvilles à Alger. Très redoutées, les conséquences de l’imprévision et la manque de vision de l’administration seront très difficiles à gérer dans les années à venir.  

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