jeudi 22 février 2018

«Seules les luttes populaires peuvent faire reculer le pouvoir»

Le Parti socialiste des travailleurs (PST) dénonce la menace qui pèse sur les acquis sociaux des Algériens et appelle les masses populations à réinvestir le terrain des luttes pour faire plier le pouvoir. Dans une déclaration rendue publique hier, le PST accuse clairement le pouvoir de céder aux pressions impérialistes en acceptant, entre autres, de jouer au gardien des frontières de l’Union européenne, en exploitant le gaz de schiste malgré la réprobation de la population, en relançant le processus des privatisations de ce qui reste des entreprises publiques, en décidant de supprimer les subventions et en révisant la loi sur les hydrocarbures pour répondre aux exigences des multinationales. Le PST met en garde quant aux conséquences du renoncement graduel de l’Etat à sa mission sociale. Un renoncement qui se confirme avec le caractère antinational de la politique gouvernementale de plus en plus libérale. Cette politique, souligne le PST, se caractérise par l’austérité décidée «pour les masses laborieuses» et les cadeaux octroyés pour «les possédants». Il fait état, dans ce contexte, du pouvoir d’achat des travailleurs et des retraités qui est attaqué de toutes parts. A cela s’ajoutent les lois de finances qui se succèdent et qui font augmenter les prix de l’électricité, de la TVA, des carburants, des produits électroménagers, du tabac… Des augmentations vivement ressenties par les couches populaires. Autre coup au pouvoir d’achat des ménages, poursuit le PST, c’est la dépréciation continue du dinar qui pèse d’autant plus sur le budget des familles modestes que de nombreux produits sont importés de l’étranger. Pour le PST, il est clair que le pouvoir use de la crise économique et financière, présentée comme inéluctable voire comme une fatalité, pour «remettre en cause l’Etat social, la souveraineté nationale et les libertés démocratiques arrachées par un long combat et la résistance des travailleurs et des masses populaires». Les premiers méfaits de cette politique antisociale et antinationale sont visibles sur le terrain, assure le PST, qui fait état des mouvements de protestation que connaissent plusieurs secteurs d’activités, allant de l’éducation à la santé en passant par les transports et l’enseignement supérieur. Cette formation, qui défend le régime socialiste, dénonce la répression des manifestants qu’elle considère comme un signe de régression démocratique. Ce parti cite dans ce sillage le cas de ministres qui réclament la suppression du droit de grève dans leur secteur et «l’instrumentalisation de la justice» pour déclarer systématiquement illégales les débrayages. A cela s’ajoutent les décisions relatives à la radiation d’enseignants grévistes du Cnapeste. Pour le PST, rien n’est encore perdu. «Le pouvoir est à l’offensive mais il craint les mobilisations sociales», estime cette formation pour laquelle «seules les luttes populaires peuvent faire reculer le pouvoir». Le PST appelle à un mouvement de protestation «qui se traduit par une grève générale capable de faire renoncer le pouvoir à sa politique antinationale, antisociale et antidémocratique». Pour sortir de cette situation, le PST rejoint le Parti des travailleurs qui a lancé une pétition pour une assemblée constituante. Il considère que «la résistance actuelle doit s’accompagner de la construction d’une alternative qui culminera avec la convocation d’une assemblée constituante». «Il reviendra au peuple mobilisé et non au pouvoir d’organiser et de superviser le scrutin», conclut ce parti.

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