mercredi 21 février 2018

Pas de suspension de l’enregistrement «dans l’immédiat»

Des informations persistantes prêtent au ministre du Travail la décision de dissoudre le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste). Des syndicalistes estiment que l’opération est «imminente», surtout après le maintien de la grève illimitée. Au ministère du Travail, on dément cette «rumeur» colportées par des «spéculateurs». «Il n’y a pas de décision de dissoudre l’organisation ou même de suspendre l’enregistrement. Ce n’est pas à l’ordre du jour», insiste la source contactée par El Watan. Le ministère du Travail s’est impliqué dans le conflit en accordant, le 12 février, une audience à des représentants du Cnapeste. Le ministre a appelé les grévistes à mettre fin à leur mouvement de grève et à faire prévaloir le dialogue «pour l'intérêt des élèves et du pays». Il a aussi rappelé que la loi algérienne «a mis en place plusieurs mécanismes de dialogue et de concertation», signalant que son département est chargé de «veiller à l'application de la loi et d'accompagner ces syndicats, les travailleurs et les partenaires sociaux, afin de leur permettre de s'enquérir et de se conformer aux textes de loi». Pour les services de Zemali, la décision de la justice jugeant «illégale» la grève illimitée du Cnapeste les «met dans la gêne». «Le ministre du Travail est le garant des droits des travailleurs. On est plus proche des travailleurs que des employeurs», admet notre interlocuteur, rappelant, que la décision est «un argument» supplémentaire entre les mains de la ministre. Mission de contact de l’OIT Le porte-parole du Cnapeste affirme que la question de la dissolution par le ministère «ne doit se poser vu que la loi (n°90-02 du 6 février 1990 relative à la prévention et au règlement des conflits collectifs de travail et à l'exercice du droit de grève, ndlr) ne donne pas cette prérogative à cette institution». «La loi n’autorise pas cette action. On est devant un conflit collectif qui doit être réglé autour d’une table. Il est interdit à quiconque de dissoudre le syndicat», lance Messaoud Boudiba. Et de persister : «Il nous est rappelé que la grève est illégale et que la justice l’a décidé ainsi. Mais ce sont les décisions du ministère de l’Education nationale qui sont illégales, comme le recrutement de remplaçants ou l’interdiction aux enseignants d’accéder à leurs établissements.» Le syndicaliste regrette le «refus» par le ministère du Travail de la médiation proposée par la délégation des grévistes. Soulignant que des enseignants ont rejoint le mouvement de grève dont le taux de suivi est de 70%, Boudiba en appelle au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui «doit intervenir et rendre justice aux enseignants attaqués de toutes parts». La décision de dissolution du Syndicat autonome des travailleurs de Sonelgaz (Snategs), et les poursuites à l’encontre son président, Raouf Mellal, condamné à une peine de prison ferme, ne rendent pas faciles les relations des syndicats avec le ministère du Travail. S’agissant de la délégation de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui devra se déplacer dans les prochains jours en Algérie, notre source au ministère du Travail affirme que c’est «une mission de contact prévue depuis plusieurs semaines contrairement à ce qui a été colporté».  

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