samedi 17 février 2018

«Nous sommes face à une situation de pourrissement»

Le ministère de l’Education nationale se réunira demain avec l’Intersyndicale de l’éducation. Les délégués de l’Intersyndicale de la Fonction publique se réuniront aujourd’hui, en vue de la préparation de la grève des 20 et 21 février et faire le bilan de la dernière grève. Cette rencontre sans le Cnapeste intervient dans une situation d’impasse, due à la grève du Cnapeste qui dure depuis le 27 novembre dans certaines wilayas et la détermination du ministère de l’Education nationale à appliquer les sanctions de radiation contre les enseignants «en grève illégale». Les membres de l’Intersyndicale de l’éducation se réuniront également demain avec la ministre de l’Education. Même si l’ordre du jour de la réunion de l’Intersyndicale est limité à la prochaine grève, le conflit du Cnapeste avec le ministère de l’Education s’invitera forcément à cette rencontre et s’imposera à la réunion de demain avec Mme Benghabrit. L’Intersyndicale réussira-t-elle là où ont échoué les autres médiateurs ? L’Intersyndicale, qui ne veut pas s’ingérer dans une action de protestation dans laquelle elle n’est pas partie prenante, «ne restera pas non plus les bras croisés, si les décisions de radiation sont appliquées». «C’est la ligne rouge à ne pas franchir», souligne Meziane Meriane du Snapest. «L’Intersyndicale ne restera pas indifférente aux menaces de radiation, surtout que les ponctions sur salaires sont déjà appliquées», souligne Boualem Amoura, président du Satef, qui estime que «la situation est très difficile, d’autant qu’aucune des deux parties en conflit ne veut céder un iota sur sa position». Le Conseil des enseignants des lycées d’Algérie estime que nous sommes actuellement face «à une situation de pourrissement». «La position du Cnapeste facilite la stratégie du pouvoir» «Le gouvernement, au lieu de remettre en cause sa politique de réforme et répondre aux revendications soulevées, nous met en opposition des droits constitutionnellement garantis, à savoir le droit à la santé et à l’éducation, avec le droit de grève et la liberté syndicale pour justifier son recours à l’utilisation de la loi de la force par la manipulation de la justice pour décréter l’illégalité de la grève et le recours à la répression pour empêcher toute manifestation publique au lieu de l’application de la loi qui gère les conflits collectifs et individuels du travail», indique ce syndicat dans une déclaration publiée hier. Le syndicat estime que le discrédit des mouvements de grève dans les deux secteurs par les pouvoirs publics, en montant l’opinion publique contre les syndicats clones, exige des organisations syndicales autonomes revendicatives et combatives de revoir leur stratégie de lutte et d’organisation. Pour le Cela, le leadership, la lutte individuelle, la radicalité inconsciente et la lutte pour se faire valoir uniquement «ne constituent plus une solution», «mais au contraire, cela contribue plus à faire aboutir la stratégie mise en place pour casser toute dynamique de construction d’un vrai rapport de force capable de dévoiler les conséquences de leurs programmes sur les deux secteurs». «Réfléchir et fonctionner différemment, mais frapper ensemble constituent le meilleur chemin pour nous», conclut le Cela.  

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