mercredi 7 février 2018

L’omerta foule aux pieds les discours de Tayeb Louh

Que valent les déclarations et les orientations du ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Louh, dans la wilaya de Tipasa ? Tipasa, territoire des spéculateurs impunis, des pollueurs intouchables, de la loi du silence qui foule aux pieds toutes les lois de la République. La dilapidation de ce patrimoine forestier se déroule sans qu’aucune autorité, élu de l’APN ou du Sénat ne puisse réagir pour faire appliquer les textes réglementaires. Deux walis de Tipasa sont accusés publiquement par un récidiviste lors de son passage à l’écran d’une chaîne privée. Toujours le silence. Le 23 novembre 2014, le wali de Tipasa saisit par écrit le procureur général près la cour de justice de Tipasa pour se plaindre de l’escroquerie dans la commune de Tipasa, relative à la déforestation au mont Chenoua, monument naturel classé. Aucune réaction judiciaire n’a suivi le document du chef de l’exécutif de la wilaya, pourtant rédigé à la suite des conclusions d’une enquête des administrations et des services techniques de la wilaya de Tipasa. L’ex-président de l’APC de Tipasa avait dans un premier temps publié, le 9 novembre 2014, dans un quotidien arabophone «invisible» dans l’espace médiatique, son avis aux citoyens référencé n°3811/2014, pour affirmer : «Toute construction sur la parcelle appartenant à Hadji Mohamed qui se trouve à Beldj est strictement interdite, car il s’agit d’un secteur non urbanisable.» Ce même P/APC, issu du RND, de surcroît un militant très proche du secrétaire général de ce parti, Ahmed Ouyahia, ose signer un certificat d’urbanisme référence n°18 et un permis de construire référence n°19 en date du 13 janvier 2016 au profit du délinquant milliardaire. Dans le registre des actes de l’APC de Tipasa paraphé, les 2 références des 2 documents signés par l’ex-P/APC de Tipasa ne concernent pas officiellement le certificat d’urbanisme et le permis de construire délivrés au pseudo-investisseur Hadji Mohamed. Le plus grave dans ce cas, c’est que l’ex-P/APC de Tipasa a signé les faux documents trois jours après avoir été installé en sa qualité de sénateur, le 10 janvier 2016. Les services de la conservation foncière sont impliqués directement dans la falsification des documents. L’ex-P/APC de Tipasa s’est retrouvé au Conseil de la nation grâce à la magie du pouvoir de l’argent douteux et l’incroyable technique de procuration lors de l’élection au Sénat. Les actes illégaux dans cette affaire sont désormais connus et vérifiés. L’élu de Tipasa, qui avait séjourné dans le passé à l’APN, connaît les rouages et poursuit en toute impunité sa trajectoire politique au moment où des membres du gouvernement évoquent les graves conséquences de la mauvaise gestion des affaires publiques locales. Le président du Conseil de la nation, issu de la même formation politique, le RND, vient de le promouvoir en le catapultant à un poste stratégique : l’immunité. Le pseudo-promoteur récidiviste est en fuite pour échapper au mandat d’arrêt. Néanmoins, il bénéficie de la complicité de certaines chaînes privées de télévision pour accuser certains responsables, notamment les deux walis. L’enquête qui avait démarré en trombe et dévoilé le scandale, selon les documents, enregistre un étrange ralenti, un coup de frein. A-t-on arrêté les procédures ? Tous nos interlocuteurs qui s’expriment sous le sceau de l’anonymat craignent qu’elle soit renvoyée aux calendes grecques. «Officiellement, nous a-t-on dit, elle est en cours.» La justice n’est pas pressée pour agir conformément aux discours et orientations du ministre de la Justice, Tayeb Louh. La promotion énigmatique de l’ex-P/APC de Tipasa, à l’origine du scandale, au sommet du Conseil de la nation, illustre le désaveu et l’impuissance de l’Etat face aux citoyens désabusés.

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