lundi 5 février 2018

La tutelle impuissante face aux revendications

La nouvelle proposition faite par le Premier ministre, selon le Pr Hasbellaoui, relative à l’octroi d’une prime d’installation selon les zones par les collectivités locales n’a pas visiblement rassuré les négociateurs. La présence du Pr Mokhtar Hasbellaoui, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, à la réunion de la commission interministérielle, chargée de négocier avec les médecins résidents une condition pour le retour à la table des négociations, ne semble pas convaincre les délégués du Camra. La nouvelle proposition faite par le Premier ministre, selon le Pr Hasbellaoui, relative à l’octroi d’une prime d’installation selon les zones par les collectivités locales n’a pas visiblement rassuré les négociateurs. Le ministre de la Santé écarte, par ailleurs, une éventuelle augmentation de salaire des médecins spécialistes. Les discussions sont toujours en cours au moment où nous mettons sous presse, et aucun accord n’a été conclu puisque les délégués doivent d’abord revenir à la base pour exposer les propositions de la commission sur l’ensemble des points contenus dans la plateforme de revendications. Outre l’instauration d’une prime d’installation dont la fourchette n’est pas encore fixée, aucune autre nouvelle réponse aux revendications des résidents n’a été formulée. Le Pr Hasbellaoui a été formel. Il a souligné à l’ouverture des travaux de cette commission que les portes de son département sont toujours ouvertes au dialogue, mais il ne peut rien décider sans se référer aux lois de la République et à la réglementation en vigueur dans son secteur, faisant allusion à l’abrogation de l’obligation du service civil, la principale revendication des médecins résidents en sciences médicales. «Nous avons réglé, grâce à ce cadre juridique, certaines préoccupations, et la commission intersectorielle va également étudier les différents dysfonctionnement que rencontre le secteur de la santé, dont les problèmes de transport, le manque de matériels et celui du service civil», a par ailleurs noté le ministre. Il a précisé que d’autres propositions seront également faites, sans donner plus de précisions sur leur nature. La priorité aujourd’hui pour le Pr Hasbellaoui est le gel de la grève qui paralyse sérieusement les hôpitaux, mettant les malades dans une réelle détresse. Du côté des résidents, la partie n’est pas encore gagnée. «Il n’y a aucune nouveauté qui va dans le sens d’un règlement définitif de ce conflit», regrette un des résidents rédacteurs du document portant plateforme de revendications. «Les propositions dont a parlé le ministère sont celles qui devaient être réglées en 2011 et à ce jour rien n’a encore été fait. Nous n’avons eu que des promesses. Nous demandons des engagements écrits», souligne un autre résident. «Il est temps de reprendre le travail et la formation dans l’immédiat. Chacun de nous doit assurer et assumer ses responsabilités», a-t-il soutenu, avant d’afficher sa satisfaction quant au bon déroulement des négociations, notamment en matière de regroupement familial, de logement décent, de formation continue et d’amélioration des services techniques. Précisant que le salaire de ces médecins résidents «ne peut pas être révisé à l’heure actuelle», M. Hasbellaoui a, toutefois, indiqué que plusieurs dossiers «sont en étude» en attendant de trouver les solutions adéquates. Les médecins résidents, qui ont entamé un mouvement de grève illimitée depuis plus de deux mois, demandent l’abrogation de l’obligation du service civil et son remplacement par un autre système de couverture sanitaire pour l’intérêt du patient et l’épanouissement socioprofessionnel du médecin spécialiste et le droit à la dispense du service militaire comme tout citoyen algérien. Les médecins résidents représentés par le Camra exigent également des autorités le droit à une formation de qualité, la révision du statut général du résident, le droit aux œuvres sociales et la discussion sur les revendications des spécialistes en biologie clinique, en ce qui concerne l’agrément d’installation à titre privé.  

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