jeudi 22 février 2018

«La présence de tamazight aux côtés de l’arabe n’est pas une source d’affrontement»

Le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, plaide pour la coordination avec le centre universitaire en vue de l’ouverture d’un département de langue et culture amazighes à Tamanrasset. Tamazight Newen, tamazight n YalIjayriyen.» (Tamazight est la vôtre, tamazight appartient à tous les Algériens.) C’est par ces mots que le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, s’est adressé, hier, au public à la maison de la culture Dassine à Tamanrasset, à l’occasion des festivités de la Journée internationale de la langue maternelle. M. Assad signale, dans son allocution, que la réalité historique, anthropologique et linguistique du pays a permis un brassage qui «a enrichi l’identité nationale, reflétant le génie de l’ouverture chez les enfants de l’Algérie, loin de tout repli sur soi». «La présence de la langue amazighe aux côtés de l’arabe n’a jamais été une source de dislocation ou d’affrontement. La relation a été marquée par l’attachement, la cohabitation. Il n’y a jamais eu d’affrontement, comme essayent de le démontrer certains», insiste le secrétaire général du HCA, une sorte de clin d’œil aux appels au rejet de la composante amazighe de l’Algérie. Rappelant les décisions «historiques» du chef de l’Etat (institutionnalisation de Yennayer, décision de généralisation de tamazight dans le système éducatif et instruction du gouvernement pour la promulgation d’une loi organique sur l’Académie amazighe), le wali de Tamanrasset, Doumi Djilali, utilise une image bien sentie : la diversité linguistique et culturelle de l’Algérie permet de dessiner «une mosaïque qui confirme le génie de ce peuple». Les déclarations virulentes de certaines parties sur l’apprentissage de la langue amazighe, semble-t-il, un des motifs qui incitent des responsables de l’Etat à employer à souhait le maître-mot unité et rappeler avec insistance «la diversité culturelle et linguistique» qui caractérise le pays. Amazighisation de l’environnement Le secrétaire général du HCA paraphrase le président Bouteflika, qui a appelé, dans son message à l’occasion du 62e anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne, à «renforcer le front intérieur». «Nous avons tant besoin de réunir les Algériens et d’unifier leurs vues dans l’intérêt de l’Algérie, particulièrement dans un contexte marqué par les défis et les dangers qui nous guettent», estime M. Assad. Le président de l’APW, Moulay Abdallah Beradaï, insiste sur la préservation de l’apprentissage de la langue maternelle en Algérie, qui permet aux apprenants, constate-t-il, d’acquérir le savoir et découvrir d’autres langues. Le secrétaire général du HCA souligne que son institution a pour objectif la généralisation de l’enseignement de la variante locale «tamahak» dans le primaire, et passer progressivement dans les autres paliers, avec le renforcement des postes budgétaires au profit de cette wilaya dans les secteurs de l’éducation et de la formation professionnelle dès la prochaine rentrée (2018-2019). Le processus engagé par le HCA devra encourager les bacheliers à s’inscrire à l'Ecole nationale supérieure (ENS), qui a ouvert une spécialité «langue amazighe». M. Assad plaide pour la coordination avec le centre universitaire en vue de l’ouverture d’un département de langue et culture amazighes à Tamanrasset, afin d’«accompagner les acquis réalisés dans les universités de Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira et Batna». Autre objectif de l’institution : généraliser l’utilisation de «tifinagh» sur les frontons et les enseignes des institutions de Tamanrasset, choisie comme wilaya-pilote pour l’amazighisation de l’environnement.         

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